Le téléphone de Sory Sangaré vibre : une nouvelle commande s’affiche. Casque sur la tête, sac isotherme dans le dos, il démarre son moteur démarre. Depuis cinq ans, cet Ivoirien de 37 ans exerce le métier de livreur. Chaque jour, il sillonne les rues d’Abidjan. Mais l’agression mortelle de l’un de ses collègues a profondément marqué toute la profession : « Sincèrement, cela m’a affecté. Je n’ai pas travaillé pendant près de trois jours. Il y a même madame qui ne voulait pas que je sorte pour aller travailler à cause de ce drame-là. Il faut dire que cela a beaucoup impacté les livreurs de Côte d’Ivoire. »
Pour ces conducteurs de deux-roues, les agressions ne sont plus des faits isolés. Ils dénoncent un mode opératoire désormais bien connu : « Souvent, ils sont deux ou trois à moto avec machettes. Ils sont prêts à tout. Dès que vous décollez, ils sont derrière vous. Si vous ne maîtrisez pas, ils vont vous bousculer. Le but, c’est de prendre votre moto. Si vous mourrez, ce n’est pas leur problème. C’est très, très dangereux, surtout la nuit. »
Pour Guy Fer Yozan, président d’une association de livreurs, ce drame doit servir d’électrochoc. Au-delà des peines prononcées par la justice, il appelle les autorités à renforcer la protection des conducteurs de deux-roues : « On demande vraiment qu’ils mettent un accent sur la sécurité routière. Il faut qu’il y ait des sanctions sévères. On a besoin de pistes cyclables. Les nouvelles routes qui ont été construites n’ont aucune voie cyclable. C’est dommage ! »
Dans un communiqué, le procureur de la République, Braman Oumar Koné, prévient que la justice fera preuve d’« une extrême sévérité » à l’encontre des auteurs de ce type d’agressions, en leur appliquant « toute la rigueur de la loi pénale ».
RFI