Le Pdci-Rda a réagi dans une déclaration en date du jeudi 27 novembre 2025, et signée par son secrétaire exécutif en chef, Yapo Calice. Le parti présidé par Tidjane Thiam a exigé « la libération immédiate et sans condition » de Bredoumy Soumaïla Traoré, secrétaire exécutif en chef adjoint et porte-parole du parti, ainsi que celle de « tous les prisonniers d’opinion ».
Le parti septuagénaire a souligné que Bredoumy Soumaïla Traoré est rentré en Côte d’Ivoire le lundi 24 novembre 2025, par un vol régulier, après un séjour de plusieurs mois à l’étranger. « Le Parquet dit le retenir dans le cadre d’une procédure de flagrant délit », a ajouté Yapo Calice, tout en exigeant « le strict respect de l’immunité parlementaire et des libertés fondamentales ».
Le Pdci-Rda a rappelé que l’article 92 de la Constitution interdit toute poursuite ou retenue d’un député sans levée préalable de son immunité, sauf en cas de flagrant délit – une condition que le parti juge totalement inexistante. Ainsi, « pour le Pdci-Rda cette procédure initiée par le parquet près le tribunal de première instance d’Abidjan est illégale, arbitraire, moralement inacceptable et politiquement dangereuse », a mentionné Yapo Calice.
La direction du parti septuagénaire voit, dans cette affaire, « une stratégie d’intimidation, de harcèlement et de mise sous pression des voix dissidentes, notamment celles issues de l’opposition ». Le Pdci-Rda a relevé au passage qu’un autre député membre de son groupe parlementaire, Me Blessy Chrysostome, a récemment été empêché de voyager pour des soins médicaux, en violation de ses droits.
Le secrétaire exécutif en chef du Pdci-Rda a fustigé ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ». Il a appelé les députés à défendre leur immunité parlementaire. « Le Pdci-Rda en appelle solennellement aux députés de la Nation afin qu’ils mesurent la gravité de la violation de leur immunité parlementaire garantie par la Constitution et qu’ils la défendent, nonobstant leur appartenance politique », a insisté Yapo Calice.
Le parti de Tidjane Thiam a, par ailleurs, sollicité les institutions nationales, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine (Ua), l’Organisation des Nations unies (Onu) et l’ensemble des organisations de défense des droits humains. Le plaidoyer du Pdci-Rda est que toutes ces institutions et organisations « s’emparent » de ce dossier jugé préoccupant.Cela,avant que cette situation « ne crée un précédent dangereux ».
E.KOUAKOU