La situation nutritionnelle des jeunes enfants reste préoccupante en Côte d’Ivoire. Près de 79 % des enfants ne bénéficient pas d’une alimentation suffisamment diversifiée, tandis que 39,2 % consomment des aliments malsains, notamment en milieu urbain. Ces chiffres ont été mis en avant par Mariana Stirbu, représentante adjointe de l’Unicef en Côte d’Ivoire, à l’ouverture d’un atelier national consacré à l’adaptation de la campagne régionale « Une cuillerée de plus » au contexte ivoirien.
Organisée les 20 et 21 octobre 2026 à Abidjan par le Bureau de la coordination du Conseil national pour l’alimentation et la nutrition (Bc-Conanut), en collaboration avec l’Unicef, cette rencontre vise à élaborer une stratégie de communication capable d’influencer durablement les habitudes alimentaires des familles. « Le pays dispose déjà d’acquis importants, notamment grâce au Child Nutrition Fund, qui offre une opportunité d’accélérer les investissements en faveur de la nutrition des femmes et des enfants. Cependant, les défis restent considérables », a souligné Mariana Stirbu.
Les données présentées illustrent l’ampleur du chantier. Seuls quatre enfants sur dix, âgés de 6 à 23 mois, consomment au moins cinq des huit groupes d’aliments recommandés. Or, cette période est déterminante pour la croissance, le développement cognitif et la santé future de l’enfant. Une alimentation peu variée peut compromettre la couverture de ses besoins nutritionnels et affecter son développement.
Rendre les aliments locaux plus attractifs
Pour inverser la tendance, les partenaires entendent agir au-delà de la simple sensibilisation. La campagne « Une cuillerée de plus » s’inscrit dans le troisième pilier de l’initiative First Foods Africa, qui vise à stimuler la demande en aliments sains, nutritifs, accessibles et abordables.
L’ambition est de mieux faire connaître les aliments locaux à forte valeur nutritionnelle et de faciliter leur intégration dans les repas des jeunes enfants. Cette approche doit également tenir compte des habitudes des ménages, des contraintes économiques et des facteurs culturels qui influencent les choix alimentaires. « La campagne va au-delà de la transmission d’informations nutritionnelles. Elle vise à rendre les aliments locaux nutritifs plus désirables, accessibles et faciles à intégrer dans les repas des jeunes enfants », a expliqué la représentante adjointe de l’Unicef.
Les travaux s’appuient notamment sur des informations régionales et des recherches menées à Gonzagueville, Soubré et Boundiali. L’objectif est de concevoir des messages et des supports adaptés aux réalités des différentes communautés ivoiriennes.
Des solutions adaptées aux réalités des familles
Durant les deux journées, les participants sont appelés à identifier les aliments prioritaires, les publics cibles, les obstacles à la consommation de produits nutritifs ainsi que les canaux de communication les plus efficaces. Les profils des personnes qui prennent soin des enfants et les parcours alimentaires des familles doivent également guider la conception de la campagne.
« Nous devons façonner une campagne dans laquelle les familles ivoiriennes se reconnaîtront, à laquelle elles feront confiance et qui les incitera à agir », a insisté Mariana Stirbu.
À l’issue de l’atelier, les organisateurs espèrent disposer d’orientations précises pour le déploiement de « Une cuillerée de plus ». Pour l’Unicef et le Bc-Conanut, l’enjeu est désormais de convertir cette concertation en actions concrètes, afin d’améliorer les pratiques alimentaires et de renforcer durablement la nutrition des enfants en Côte d’Ivoire.
Eric KOUAKOU