De retour à la tête de la sélection ivoirienne après avoir conduit les Éléphants au sacre continental en 2015 en Guinée équatoriale, le technicien français s’attend à une opposition de haut niveau face aux Black Stars. « Ce sera un match entre deux très bonnes équipes africaines », a déclaré Hervé Renard mercredi 23 septembre, lors de la conférence de presse d’avant-match, aux côtés du capitaine Franck Kessié.
À la veille de cette affiche très attendue, le sélectionneur a assuré que l’état d’esprit de son groupe est au beau fixe. « L’état d’esprit depuis lundi est très bon. C’est un plaisir d’être de nouveau à la tête de cette équipe de Côte d’Ivoire, de retrouver Franck. Le temps est assez court pour préparer ce premier match, mais on fait en sorte de nous concentrer sur tout ce qui sera important contre cette équipe du Ghana », a-t-il expliqué.
Renard sait toutefois que la tâche ne sera pas simple. Il décrit le Ghana comme « un grand d’Afrique », une sélection qu’il juge bien organisée et disciplinée. « C’est une équipe qui s’est très bien comportée lors de cette Coupe du monde, avec de bons résultats, et qui a notamment livré un grand match contre l’Angleterre. C’est une équipe bien organisée, disciplinée, qui attend la moindre faille pour pouvoir contrer son adversaire. » Le technicien français souligne également l’expérience du sélectionneur ghanéen Carlos Queiroz. « Vous pouvez faire confiance au coach Queiroz, il va savoir organiser son équipe pour nous perturber le plus possible », estime-t-il.
Interrogé sur la jeunesse de certains joueurs ivoiriens, Hervé Renard refuse d’en faire un obstacle. Pour lui, l’essentiel sera la capacité des joueurs à gérer la pression inhérente à une rencontre internationale. « Peu importe l’âge, il faut bien débuter à un moment donné. C’est aussi là qu’on voit la force de caractère des joueurs et certainement la future carrière qu’ils pourront avoir avec les Éléphants », explique-t-il. Le sélectionneur estime que son groupe dispose néanmoins de suffisamment d’expérience pour aborder cette rencontre avec sérénité. « Il y a suffisamment d’expérience dans le groupe pour aborder le match avec confiance et sérénité. »
Pour Renard, ce genre d’affiche se joue souvent sur des détails. « Quand on a un match entre deux très bonnes équipes africaines, le match ne sera jamais facile pour personne. Ça se joue sur des petites choses, des moments de concentration, la capacité à bien gérer les temps forts et les temps faibles. »
« Les favoris, c’est sur le papier »
Si la Côte d’Ivoire figure parmi les équipes attendues dans cette campagne, Hervé Renard appelle son groupe à rester humble. Six rencontres sont au programme et le sélectionneur refuse de tirer des conclusions à partir du seul premier match. « Il y a six matchs à jouer. Il arrive parfois qu’on rate le premier match puis qu’on réussisse tous les autres. En football, il n’y a jamais rien d’écrit d’avance. » Et d’insister : « Les adversaires de cette poule, chacun va jouer son va-tout pour se qualifier pour cette Coupe d’Afrique. Donc il faut faire preuve d’humilité. Les favoris, c’est sur le papier. C’est sur le terrain que les qualifications se gagnent. »
Parmi les joueurs susceptibles d’apporter une étincelle offensive aux Éléphants, Yan Diomandé occupe une place particulière. Hervé Renard reconnaît les qualités du jeune joueur, tout en rappelant que la réussite dépendra du collectif. « Aujourd’hui, Yan Diomandé est un joueur avec d’exceptionnelles qualités, mais il y a tous ses coéquipiers qui vont l’aider à aller chercher ce succès », souligne-t-il. Pour le sélectionneur, le contexte d’une rencontre avec la sélection est également particulier. La pression du public doit être transformée en énergie positive. « Jouer pour son équipe nationale, c’est quelque chose de différent. Il y a aussi une pression qui est importante, mais il faut y prendre du plaisir. »
Alors que le stade de la Paix de Bouaké est annoncé bien rempli, Renard se réjouit de cette atmosphère. « C’est triste de jouer au football quand il n’y a personne dans un stade, quand il n’y a pas trop de pression. Ça fait partie de notre adrénaline et on aime ça. C’est ce qui fait la beauté du football. Donc la pression, on va l’assumer tous ensemble. »
Présent aux côtés de son sélectionneur, le capitaine Franck Kessié a affiché la détermination du groupe ivoirien. Pour le milieu de terrain, l’affiche face au Ghana revêt une dimension particulière. « C’est clair. Quand tu joues le Ghana, c’est un derby. Le Ghana est aussi une grande nation africaine, avec de très, très bons joueurs », a-t-il déclaré. Le capitaine assure que le groupe travaille pour être prêt dès les premières secondes de la rencontre. « Comme l’a dit le coach, on travaille, on assimile les consignes du coach et de son staff pour être au top demain, dès le coup de sifflet de l’arbitre. »
À Bouaké, les Éléphants savent donc ce qui les attend : une affiche à forte intensité, face à un adversaire expérimenté, pour un premier rendez-vous qui donnera le ton de leur campagne vers la
Eric KOUAKOU