Le parquet national antiterroriste (Pnat) a notamment ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ». Un homme, interpellé, a été placé en garde à vue, ajoute le parquet antiterroriste dans un communiqué. L’enquête du Pnat porte également sur la « détention d’arme de catégorie A », qui regroupe notamment des armes automatiques tirant en rafales, et d’« association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes contre les personnes ».
Le président françaisEmmanuel Macrona évoqué dans les Yvelines un « tournant » après un « attentat » commis « sur la base d’une idéologie raciste », invitant à ne « rien céder » et ne pas « baisser la tête » face aux « idées qui s’installent » et pourraient « justifier » de tels comportements. « C’est un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne », a affirmé le président de la République, en déplacement dans la soirée à Trappes.
« C’est clairement un crime terroriste, c’est un acte extrêmement grave », a déclaré plus tôt dans la journée le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en déplacement à Trappes. Cinq policiers de la brigade anticriminalité (Bac) « ont interpellé l’auteur très rapidement » et « ont, très probablement – l’enquête le confirmera ou pas – interrompu ce périple meurtrier en cours », qui « aura duré un petit quart d’heure » et « qui a fait beaucoup de victimes », a ajouté le ministre à la presse. L’homme a été interpellé dans la commune voisine de Coignières, a précisé une source policière.
Appartement piégé
L’assaillant a piégé son appartement avec des bouteilles de gaz, a annoncé le parquet antiterroriste français dans un communiqué. La perquisition réalisée à son domicile, situé à Plaisir, dans les Yvelines, selon une source policière, a révélé « la mise en place d’un dispositif de piégeage de son appartement au moyen de trois bouteilles de gaz et de fils électriques connectés à un minuteur », a expliqué le Pnat.
Un membre de « l’entourage familial direct » du suspect a été placé en garde à vue. Le tireur, « identifié comme étant Kévin T. né en 1987 », a lui été interpellé « à hauteur du restaurant Home Burger situé à Coignières » vendredi après son périple meurtrier et « placé immédiatement en garde à vue. » « La perquisition de son domicile nécessitant sa présence conformément aux dispositions du code de procédure pénale, il n’a pour l’heure pas été entendu par les enquêteurs », a précisé le parquet antiterroriste.
Les investigations ont été confiées à la sous-direction anti-terroriste (Sdat), service coordonnateur, aux directions zonales de la police nationale et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Les faits, qualifiés de « très graves » sur X par le Premier ministre Sébastien Lecornu, se sont produits vers 10h30 (8h30 TU) dans les villes de Trappes et La Verrière.
Selon la préfecture des Yvelines, département où les faits ont eu lieu, les secours sont en cours d’intervention et le bilan « n’est pas stabilisé » à la mi-journée. Le maire de Trappes a estimé que la tuerie était « objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe », appelant à la « concorde républicaine ».
Avec RFI