Dans sa déclaration, avant la clôture, la Directrice des opérations de la Commission d’accès à l’information d’intérêt public et aux documents publics (Caidp), Félicité Kramoh a expliqué que les discussions à travers les deux grandes conférences, plusieurs panels et tables rondes axés sur une thématique centrale liée à l’accès à l’information, avec la participation d’une vingtaine d’experts sectoriels, ont donné lieu à des réflexions intenses et des échanges fructueux. « Ces discussions ont débouché sur des constats forts et des recommandations visant à faire de l’accès à l’information un droit effectif en Côte d’Ivoire. Ces engagements sont appelés à guider les prochaines étapes de la modernisation de l’accès à l’information publique en Côte d’Ivoire », a-t-elle précisé, en présence de plusieurs autorités dont le directeur de cabinet du ministre de la Communication, Jean Martial Adou et la présidente de la Caidp, Anne Marie Konan Payne.
Ces recommandations présentent « l’accès à l’information comme un droit de tous les citoyens » et qu’il est de la responsabilité de l’État de prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre ce droit effectif car la participation active des citoyens à la vie publique en dépend. Au-delà de l’accès à l’information publique, il est apparu essentiel également de recommander « la mise en place d’une politique publique de la donnée » car la donnée, levier de création de valeur économique et de souveraineté, constitue désormais « un enjeu de transformation de l’action publique, de transparence et de performance des services publics ».
« Le secteur privé est à la fois un producteur et un utilisateur d’informations d’intérêt général. Il est donc crucial que la question de la mise à disposition des données issues du secteur privé, tout comme de l’accès des entreprises privées à des informations publiques de qualité et sa réutilisation y compris à des fins commerciales, soit abordée », recommandent les conclusions des travaux.
Le rôle clé de la Caidp dans l’élaboration du cadre globale de régulation de l’accès à l’information et aux documents publics ainsi qu’à la donnée d’intérêt général est évoqué. « En tant qu’institution en charge de veiller à l’application du droit d’accès, elle (Caidp) devrait renforcer son action pour accompagner la réforme de la gestion des données publiques », exhortent les experts qui ont vu aussi la nécessité d’une actualisation des mécanismes d’application du droit d’accès à l’information publique en impliquant l’ensemble des parties prenantes. « A cet effet, il est proposé la constitution de groupe de travail qui se pencheront notamment sur les différentes problématiques. A cela s’ajoute la formation des citoyens à l’accès et à l’utilisation de l’information ».
La directrice des opérations a conclu que les recommandations conseillent aussi que la Caidp, avec la participation de toutes les parties prenantes, organise les états généraux de l’accès à l’information publique. « Cette plateforme multisectorielle permettra de discuter des enjeux et défis liés à l’accès à l’information et de proposer des solutions concrètes au Gouvernement pour améliorer l’efficacité du système », a-t-elle expliqué. Organisées cette année autour du thème : « L’information, 1er des services publics : quels défis et enjeux pour les organismes publics ?’’, les Jdaip seront tenues les 26, 27 et 28 septembre, chaque année, en lien avec la Journée internationale pour l’accès universel à l’information, célébrée chaque 28 septembre.
E.KOUAKOU