Dans un communiqué diffusé mardi 16 décembre sur la télévision d’État ORTM, le procureur général près la Cour d’appel de Bamako annonce qu’une enquête le concernant a été confiée au pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme. Le communiqué évoque « des faits relatifs au comportement peu orthodoxe du lieutenant-colonel Yann Christian Bernard Vezilier », « caractérisé par des actes visant à porter atteinte à la sûreté de l’État, à la stabilisation des institutions de la République, à la souveraineté nationale et à semer la terreur ».
Le procureur dénonce même une « entreprise mafieuse » et menace de sanctions. Sollicité par RFI, le ministère français des Affaires étrangères n’a pas réagi à ce stade. En août dernier, Paris avait déploré des accusations « sans fondement ».
Pendant de nombreuses années, la France a été un partenaire du Mali dans divers secteurs, notamment sécuritaire. Cette présence militaire et diplomatique s’est progressivement heurtée à une contestation croissante au sein de l’opinion publique malienne. Depuis l’arrivée du régime de Goita, les relations avec Paris se sont dégradées, aboutissant au retrait des forces françaises et à une redéfinition complète des partenariats sécuritaires du pays. C’est dans ce climat de méfiance et de rupture que les autorités maliennes ont engagé des poursuites contre un ressortissant français présenté comme un agent des services de renseignement.
Selon les informations rendues publiques par la justice malienne et rapportées par RFI, le lieutenant-colonel Yann Christian Bernard Vezilier, était en poste à l’ambassade de France à Bamako. Officiellement accrédité auprès du pouvoir central, il aurait exercé des fonctions liées au renseignement. Interpellé en août 2024, il est depuis détenu sur le territoire malien.
Les accusations portées contre lui sont particulièrement lourdes. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir participé, avec une dizaine de militaires maliens, à un complot visant les institutions de la République. Les chefs d’accusation évoqués incluent l’atteinte à la sûreté de l’État, la tentative de déstabilisation des institutions, la mise en cause de la souveraineté nationale et des agissements susceptibles de semer la peur au sein de la population. Les autorités judiciaires font également état de contacts civils et militaires présumés, qui auraient servi à soutenir des activités qualifiées de terroristes.
L’affaire a été confiée au pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, une juridiction réservée aux dossiers les plus sensibles. Dans un communiqué lu le 16 décembre 2024 à la télévision nationale ORTM, le procureur général près la Cour d’appel de Bamako a évoqué des comportements jugés « peu orthodoxes », allant jusqu’à parler d’une entreprise assimilée à des pratiques mafieuses visant à fragiliser l’État malien.
RFI