Pascal Affi N’Guessan hausse le ton. Face à la volonté du gouvernement de privilégier la voie institutionnelle pour conduire la réforme électorale, le dirigeant de l’opposition défend la nécessité d’une concertation politique élargie. Dans une publication diffusée le samedi 17 octobre 2026 sur sa page Facebook officielle, le président du FPI a adressé une pique aux autorités, en s’appuyant sur une référence à Félix Houphouët-Boigny, premier président de la Côte d’Ivoire indépendante. « Le dialogue est l’arme des forts… », rappelle-t-il, avant d’asséner : « À contrario, le refus du dialogue est le refuge des faibles. Un vrai et brave houphouëtiste ne fuit pas le dialogue. »
Cette déclaration vise directement le pouvoir du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui se réclame de l’héritage politique du père fondateur de la nation ivoirienne. Pour Affi N’Guessan, le recours au dialogue devrait constituer un principe essentiel dans la recherche d’un consensus sur les règles encadrant les prochaines échéances électorales.
Un bras de fer autour de la réforme électorale
Cette sortie intervient dans un contexte de désaccord entre le gouvernement et plusieurs formations de l’opposition sur la méthode à adopter pour réformer la gouvernance électorale. Le 13 octobre, des responsables politiques, dont Pascal Affi N’Guessan et Simone Ehivet Gbagbo, ont réclamé l’ouverture d’un dialogue national sur le futur dispositif électoral. Ils souhaitent notamment des garanties concernant l’indépendance de l’organe électoral, la fiabilité de la liste électorale et la transparence des opérations de dépouillement et de proclamation des résultats.
Mais le gouvernement privilégie, pour l’heure, le traitement institutionnel du dossier. À l’issue du Conseil des ministres du 14 octobre, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a rappelé que les partis politiques avaient été invités à transmettre leurs propositions au ministère de l’Intérieur.
« Nous sommes conformes aux conclusions du dernier dialogue politique », a-t-il expliqué, soulignant que les institutions étaient installées et fonctionnelles et que les questions électorales relevaient des compétences de l’administration du territoire.
Le porte-parole a également mis en garde contre toute « surenchère politique », estimant que les préoccupations soulevées devaient être traitées dans le cadre institutionnel approprié. Les propositions recueillies doivent être examinées par le gouvernement avant la transmission d’un texte à l’Assemblée nationale.
Le dialogue, point de rupture entre les deux camps
Derrière cette divergence de méthode se joue une question centrale : comment garantir la confiance des acteurs politiques dans le futur système électoral ? Là où l’opposition réclame un cadre de discussion inclusif pour débattre des propositions et rechercher un accord, l’exécutif met en avant le processus institutionnel engagé.
En invoquant l’héritage d’Houphouët-Boigny, Pascal Affi N’Guessan entend ainsi placer le pouvoir face à ce qu’il considère comme une exigence de cohérence politique. Reste à savoir si cette nouvelle interpellation permettra de rapprocher les positions ou si le désaccord autour de la réforme électorale continuera de cristalliser les tensions entre le gouvernement et l’opposition.
Axel KONE