Dans le quartier central et résidentiel de Ngor-les Almadies, Pierre Kampeli Mendi a les pieds dans l’eau jusqu’aux genoux : « Nous sommes en train de tant bien que mal essayer d’évacuer l’eau quoi depuis hier soir, vu que ça perturbe même notre lieu de travail », dit-il, armé d’un sac poubelle.
Avec deux voisins, il ramasse les déchets qui traînent dans l’eau brunâtre pour tenter de libérer la bouche d’égout située au milieu de la route inondée. Camara Abdoulaziz les aide, alors que la voiture de ce chauffeur est prisonnière de l’eau depuis dimanche : « C’est malheureux, là je me dis qu’elle est déjà en panne. C’est hallucinant, ce sont les résidents du quartier qui nous aident, sans leur aide, on n’aurait même pas pu voir la voiture, avec toute l’eau. Je me dis que s’il y avait des canalisations qui fonctionnent, il n’y aurait pas de problème. »
Car le problème est récurrent, Selon les habitants du quartier, dès qu’il pleut beaucoup, la bouche d’égout au milieu de la route peine à évacuer l’eau vers le canal voisin et est saturée. « Nous avons l’habitude quoi, presque chaque année, le canal peine à évacuer l’eau », déplore Pierre Kampeli Mendi.
Melissa contemple, le spectacle : « Je suis bloquée, je dois récupérer des bagages de décoration et je ne peux pas les prendre parce que la maison aussi est dans l’eau, s’agace, dépitée, cette décoratrice de l’événementiel. C’est honteux que les évacuations soient bouchées, que ce soit compliqué de passer, qu’il y ait de l’eau partout, cela bloque tout ! Les voitures sont dans l’eau, on ne peut pas passer, les gens ne peuvent pas sortir de chez eux, personne ne peut rentrer. Et côté finances aussi, les jours passent, donc je perds.
Plusieurs quartiers de la capitale sont restés partiellement bloqués face à la quantité d’eau à évacuer, alors que de nouvelles précipitations sont prévues. Matam, Touba et Kaolack dans le centre du pays ont également été inondés.
Le gouvernement sénégalais a décidé, lundi, de déclencher le Plan d’urgence régional de Dakar pour renforcer le dispositif de réponse aux inondations consécutives aux fortes pluies enregistrées durant le week-end. La décision a été prise par le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Lo lors d’une réunion d’urgence consacrée à la situation, en présence de plusieurs ministres et des responsables des services impliqués dans la gestion des inondations.
Le déclenchement du plan, motivé notamment par les prévisions météorologiques de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), doit permettre d’assurer une veille permanente et d’anticiper les conséquences de nouvelles précipitations.
RFI