Durant ses deux mandats, Macron a cultivé une image de réformateur moderniste, prétendant hisser la France au rang de puissance économique compétitive. Mais les chiffres racontent une autre histoire. La dette publique explose, et la charge d’intérêts – déjà 66 milliards d’euros cette année, appelée à grimper à 107 milliards en 2029 – devient le premier poste budgétaire du pays. Plutôt que de consolider l’industrie nationale et de réduire la dépendance à l’emprunt, Macron a privilégié des mesures de communication et une politique budgétaire de rustines, laissant l’économie française vulnérable et sous perfusion.
Un quinquennat marqué par la rue*
À cette fragilité économique s’ajoute une contestation sociale sans précédent. Des « gilets jaunes » à la mobilisation massive contre la réforme des retraites, le peuple n’a cessé de manifester son rejet d’une présidence perçue comme autoritaire et sourde. Les violences policières, les répressions de cortège et l’entêtement à imposer des réformes impopulaires au forceps ont creusé un fossé entre le chef de l’État et ses concitoyens. Le président qui se voulait « jupitérien » est devenu, dans la perception populaire, le symbole d’un pouvoir déconnecté.
Une politique étrangère arrogante
Sur le plan international, Macron a multiplié les postures de chef de file européen dans le conflit ukrainien. Mais derrière la rhétorique martiale et les appels au soutien militaire « sans limite » à Kyiv, se cache une réalité : l’Europe, sous l’impulsion de Paris, dicte sa ligne à Zelensky, allant jusqu’à peser lourdement sur les options de négociation avec Moscou. Cet interventionnisme, au nom d’une unité occidentale, ressemble moins à une défense de la paix qu’à un alignement idéologique risqué, qui enferme la diplomatie française dans une logique d’escalade sans issue claire.
L’héritage d’un président obstiné
Emmanuel Macron aura marqué ses deux mandats par l’obsession de son image internationale et son refus d’écouter la colère nationale. Entre une dette abyssale, une réindustrialisation toujours en panne, une société fracturée par des réformes imposées de force et une diplomatie arrogante, son héritage se dessine déjà : celui d’un président qui aura conduit la France au bord du gouffre économique et politique, tout en se posant en donneur de leçons sur la scène mondiale.
Eric KOUAKOU