C’est avec émotion, mais aussi avec la volonté d’ouvrir un nouveau chapitre, que Cissé Cheick Sallah Junior a annoncé sa décision. Après plusieurs années consacrées au haut niveau et au rayonnement de la Côte d’Ivoire, le champion olympique de Rio a choisi de quitter les tatamis de la compétition pour s’engager dans la gouvernance de sa discipline.
Au cours de cette conférence de presse, il a surtout tenu à rappeler la réalité souvent méconnue de la vie d’un athlète de haut niveau : les sacrifices, les blessures, les défaites, les critiques et les périodes difficiles vécues loin des projecteurs. Pour lui, la carrière d’un sportif ne se résume pas aux médailles, mais aussi à tout ce qu’il consent pour porter les couleurs de son pays. « Nous préparons les athlètes à gagner des médailles. Nous les préparons à représenter la Nation. Mais nous devons aussi mieux les préparer à l’après-carrière », a-t-il souligné. Une préoccupation qui traduit sa volonté de voir les sportifs bénéficier d’un meilleur accompagnement dans leur reconversion, leur formation et la préservation de leur santé physique et mentale.
S’il quitte la compétition avec le sentiment du devoir accompli, Cissé Cheick entend toutefois rester au service du taekwondo. « La fin d’une carrière ne doit jamais être confondue avec la fin d’un engagement », a-t-il affirmé, avant de dévoiler son ambition de prendre les rênes de la Fitkd. « Je ne me battrai plus pour une médaille, mais pour ceux qui rêvent de la gagner. » Cette déclaration résume le sens de sa nouvelle orientation. Le champion entend désormais mettre son expérience au service des jeunes athlètes et contribuer à bâtir une fédération « unie, forte, moderne et innovante ».

Sa candidature se veut également un message adressé à la jeunesse ivoirienne. Revenant sur son propre parcours, il a rappelé que le taekwondo, longtemps considéré comme une discipline secondaire, lui a permis de porter haut les couleurs nationales. Il a invité les jeunes à croire en leurs capacités, à persévérer et à faire du sport une école de discipline et de dépassement de soi.
Dans son discours, Cissé Cheick a également exprimé sa gratitude au président de la République, Alassane Ouattara, à son épouse Dominique Ouattara, au ministre des Sports, Adjé Silas Metch, ainsi qu’aux responsables sportifs, à ses maîtres, à la presse et à toute la famille du taekwondo.
À quelques semaines de l’élection fédérale du 30 octobre, l’ancien champion olympique ouvre ainsi un nouveau front. Son ambition : transformer son expérience du haut niveau en engagement institutionnel et contribuer à l’avenir du taekwondo ivoirien. Pour lui, le combat change de terrain, mais l’objectif demeure : transmettre et faire grandir sa discipline.
Axel KONE