Réunis autour du thème « Parité et résilience dans le sport olympique », lesamedi 26 septembre 2026, au siège de la Confédération africaine de handball, à Cocody-Danga, responsables sportifs, athlètes féminins et autres acteurs du mouvement sportif ont échangé sur les défis liés à la participation des femmes et sur les moyens de renforcer leur présence, aussi bien sur les terrains que dans les instances de décision. Elles ont appelé à lever les obstacles qui freinent encore la pratique féminine et l’accès des femmes aux instances dirigeantes.
Intervenant sur la question de la parité, Mariam Touré épouse Anon, directrice des Sports de masse et du Genre, a insisté sur la nécessité d’une approche plus large. Pour elle, l’égalité entre les femmes et les hommes ne doit pas être mesurée uniquement à l’aune du nombre de participantes aux compétitions. « Quand nous parlons de parité, ce n’est pas seulement le nombre », a-t-elle souligné, appelant à prendre également en compte la gouvernance, les infrastructures, les ressources financières et l’accès aux postes de responsabilité. La directrice a souhaité voir davantage de jeunes filles accéder aux compétitions internationales et aux Jeux olympiques, mais également aux responsabilités au sein des organisations sportives. Elle a cité en exemple plusieurs figures du sport ivoirien, notamment Marie-Josée Ta Lou-Smith, Murielle Ahouré-Demps et Ruth Gbagbi. Aux jeunes sportives, elle a recommandé la discipline, un encadrement adapté et la construction d’un projet personnel. Elle les a également exhortées à se prémunir contre les addictions, notamment à la drogue et aux réseaux sociaux.
La question de l’accès des femmes aux postes de responsabilité a également occupé une place importante dans les échanges. Suzanne Wolbert, vice-présidente du Cno-Civ et présidente de la Commission femme et sport, a notamment relevé la faible représentation féminine à la tête des fédérations sportives de la Zone 3 de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa). Selon les données présentées lors du Forum, seules 13 femmes dirigent des fédérations sur les 213 recensées dans la zone, soit environ 6 %, contre 94 % pour les hommes. La Côte d’Ivoire compte deux femmes présidentes sur 28 fédérations. Le Bénin en compte une sur 29, tandis qu’aucune femme ne dirige une fédération au Burkina Faso, qui en compte 30. Le Ghana compte trois présidentes sur 43 fédérations, le Nigeria trois sur 46, le Niger deux sur 28 et le Togo deux sur 16. Les données concernant le Liberia n’ont pas été communiquées.
Selon Mme Wolbert, ces chiffres illustrent la nécessité d’améliorer l’environnement dans lequel évoluent les femmes dans le sport, en favorisant notamment des conditions plus sûres, une gouvernance plus inclusive et une meilleure collaboration entre les comités nationaux olympiques et leurs partenaires. « La parité et la résilience, c’est un sujet que toutes les fédérations, tout le monde sportif vit au quotidien. Et aujourd’hui, la présidente du Comité international olympique se bat pour que l’Afrique puisse évoluer », a-t-elle déclaré, en référence aux orientations portées par Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique.
Présidente de la Fédération ivoirienne de baseball (Fibs), Linda Carole Dehoulé a, pour sa part, insisté sur le rôle de l’entourage des jeunes filles dans leur parcours sportif. Elle a appelé les parents, les enseignants et les responsables sportifs à créer des conditions favorables à la pratique féminine. Elle a également dénoncé les préjugés, le harcèlement et les différentes formes de pression auxquels certaines sportives peuvent être confrontées. « Laissez venir les femmes au sport », a-t-elle lancé, plaidant notamment pour la réintroduction du sport en milieu scolaire. Selon elle, l’école constitue un important vivier pour détecter et accompagner les futurs talents. Mme Dehoulé a par ailleurs appelé à renforcer l’encadrement des jeunes filles éloignées de l’école et des structures sportives, afin de leur offrir davantage de possibilités d’intégrer durablement le mouvement sportif. L’arbitre Fédéral, Douhokpa Gertrude a elle-aussi insisté sur la volonté, la détermination pour relever les défis.
A.KONE