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Le président béninois, Patrice Talon, a effectué le 24 juin une visite express à Abidjan, afin de déjeuner avec son homologue Alassane Ouattara. Ce déplacement a eu lieu au surlendemain du 67e sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Abuja, au Nigeria. Absent de ce sommet, Alassane Ouattara avait été débriefé en détails par Léon Kacou Houadja Adom, son ministre des Affaires étrangères qui l’avait représenté.
Pour recevoir son invité, le président ivoirien s’est donc entouré de son chef de la diplomatie, mais aussi de son directeur de cabinet, Fidèle Sarassoro. Selon nos informations, les deux chefs d’État ont notamment abordé le sujet de la relocalisation de l’Organisation ouest-africaine de la santé (Ooas), que Patrice Talon souhaite accueillir au Bénin. Or, le siège de cette institution, actuellement basé au Burkina Faso, doit être attribué à la Côte d’Ivoire. Un sujet qui a fait l’objet de débats animés, le 22 juin, à Abuja.
Retrait du Sénégal
Lors de ce sommet, Patrice Talon a exprimé son désaccord, entraînant ainsi un blocage. Il estimait d’abord que l’Ooas ne doit pas être retirée au Burkina Faso, afin d’offrir une chance à un potentiel retour de l’Alliance des États du Sahel (Aes) au sein de l’organisation sous-régionale. Six pays, le Bénin et la Côte d’Ivoire, donc, mais aussi le Sénégal, le Ghana, la Guinée et le Liberia s’étaient portés candidats.
Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a rappelé que le choix de la Côte d’Ivoire s’était fait selon des critères bien précis, à savoir, parmi d’autres, ne pas déjà abriter une institution de la Cedeao sur son territoire. Il s’est d’ailleurs lui-même désisté, accueillant le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) et le Centre pour le développement du genre. Le Bénin héberge effectivement le Système d’échange d’énergie électrique ouest-africain. Mais, rappelle Cotonou,la Côte d’Ivoire abrite de son côté l’Autorité de régulation et de contrôle du projet de l’autoroute Abidjan-Lagos – une structure de la Cedeao que Patrice Talon avait déjà tenté d’obtenir en 2022.
Sur la route du Brésil, où il effectue actuellement une visite de travail, Patrice Talon avait déjà prévu de se rendre à Abidjan pour y parler avec son hôte de la situation de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), avant que ce dossier ne s’invite au sommet d’Abuja et ne s’ajoute au menu. Alassane Ouattara lui a assuré qu’il allait réfléchir à la question. Toutefois, s’il se retirait, un nouveau processus devrait être lancé. En attendant, c’est le statu quo.
Source : jeuneafrique.com
N.B. : Les titres sont de la Rédaction.