Alassane Ouattara pourrait accélérer son calendrier gouvernemental. Le chef de l’État ivoirien envisage un remaniement ministériel qui pourrait intervenir d’ici au milieu du mois de novembre. En privé, il ne cache plus son insatisfaction sur le traitement de plusieurs dossiers et réfléchit à une nouvelle ossature gouvernementale.
Symbole de son agacement croissant, le président écourte désormais sa présence en conseil des ministres et privilégie les conseils présidentiels, autour du vice-président Tiémoko Meyliet Koné, du premier ministre Robert Beugré Mambé et du vice-premier ministre Téné Birahima Ouattara. Ces réunions se tiennent parfois sans le ministre pourtant chargé du dossier examiné.
Ces trois responsables ont été chargés de soumettre au chef de l’État des propositions de cadres issus du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), le parti présidentiel. Une partie des ministres actuels avaient été proposés par l’ancien premier ministre Amadou Gon Coulibaly, lorsqu’il dirigeait le gouvernement entre 2017 et 2020. Nombre d’entre eux se sont depuis rapprochés du vice-président ou de Téné Birahima Ouattara.
Alassane Ouattara exclut, à ce stade, toute ouverture aux formations d’opposition. Ni le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-CI) de l’ancien président Laurent Gbagbo, actuellement en séjour en Belgique, ni le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) de l’ex-banquier Tidjane Thiam, absent du pays depuis mars 2025, ne sont concernés par les consultations en cours.
Quatre ministres évincés début 2026
En janvier, trois mois après sa réélection pour un quatrième mandat le président avait déjà envisagé un renouvellement en profondeur, avec l’arrivée de nombreuses nouvelles figures (AI du 21/01/26). Il s’était finalement résolu à un remaniement limité, reposant essentiellement sur des échanges de portefeuilles au sein de l’équipe (AI du 27/01/26). Quatre ministres avaient quitté le gouvernement : Kobenan Kouassi Adjoumani, chargé de l’agriculture, Bouaké Fofana, de la salubrité, Laurent Tchagba, des eaux et forêts, et Léon Kacou Houadja Adom, des affaires étrangères.
La seule arrivée notable avait été celle de Yacouba Hien Sié, nommé ministre des infrastructures économiques et de l’entretien routier. L’entrée de l’ancien directeur général du Port autonome d’Abidjan ne s’était toutefois pas faite sans heurts. Une part importante des compétences liées à la construction et à la gestion des grands travaux avait été retirée au ministère des transports et des affaires maritimes d’Amadou Koné pour lui être transférée (AI du 07/05/26).
Cette redistribution concerne plusieurs chantiers stratégiques, au premier rang desquels le métro d’Abidjan qui fait actuellement l’objet de quelques tensions avec le groupe de BTP français chargé de sa construction, Bouygues (AI du 15/10/26). Au mois d’août, Alassane Ouattara a par ailleurs déjà remanié l’organisation de son parti du Rhdp (AI du 17/08/26).
Source : Africa Intelligence
N.B. : Les titres sont de la rédaction.