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Samedi 14 juin, lors de la réunion de clôture du pré-congrès du RHDP à Paris, la ministre de la Cohésion nationale et cadre du parti au pouvoir a tenu des propositions virulentes contre les dirigeants de l’opposition.
En réaction aux revendications de l’opposition réclamant des conditions garantissant la tenue d’élections crédibles et inclusives et une alternance pacifique, la ministre a déclaré qu’il est hors de question de confier la gestion de la Côte d’Ivoire à des « zozos ».
« On ne peut pas permettre à des zozos d’être à la tête de la Côte d’Ivoire », a-t-elle lancé, affirmant que le président Alassane Ouattara est la seule alternative capable de garantir la stabilité de la sous-région, menacée par la présence djihadiste. « On ne peut pas confier le pays à des menteurs. Il y en a un qui passe son temps à mentir… Il ment, il ment. On le comprend, parce qu’il n’a plus de travail, il ne sait pas quoi faire », a-t-elle martelé.
Même si elle ne le cite pas nommément, ses propos, à en croire l’honorable Dia Houphouët, visent clairement Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, en exil volontaire depuis quelques mois. Dans une réaction publiée sur son compte Facebook, le vice-président du parti a énoncé des propositions « gravement irrespectueux » et indignes d’un membre du gouvernement.
« Ce langage vulgaire, irrespectueux, aussi déplacé qu’indigne d’un membre du gouvernement, pourtant chargé de la cohésion sociale et censé promouvoir l’apaisement, n’est malheureusement pas un incident isolé », a-t-il regretté.
Il a également souligné que « depuis plusieurs mois, les intimidations verbales, les invectives publiques et les menaces à peine voilées contre l’opposition se multiplient dans les rangs du RDR-RHDP ». « Ces excès de langage ne relèvent pas du hasard : ils traduisent un malaise profond, une fébrilité croissante au sein d’un pouvoir qui a envoyé le vent du changement souffler. Face à cette fébrilité, l’une des cibles privilégiées s’appelle Tidjane Thiam. Et ce n’est pas fortuit », a-t-il insisté, en saluant l’« excellent parcours professionnel et académique » de l’ancien PDG du Crédit Suisse.
Faut-il le rappeler, Tidjane Thiam, candidat désigné du PDCI-RDA pour la présidentielle d’octobre 2025, a été mis hors course à la suite d’une décision de justice prise dans le cadre du contentieux de la liste électorale.
S’appuyant sur les dispositions de l’article 48 du Code de la nationalité, la juge a estimé que Tidjane Thiam, détenteur de la double nationalité ivoirienne et française, avait perdu sa nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale et ordonné sa radiation. Cette situation le rend de facto inéligible à la course présidentielle.
Comme lui, d’autres dirigeants de l’opposition, notamment Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé ou encore Guillaume Soro, ont été exclus du processus électoral à la suite des décisions de justice. L’opposition entend mener le combat pour leur réintégration, dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, ainsi qu’une volonté manifestée du pouvoir de verrouiller le processus électoral.
E.KOUAKOU