Acquitté définitivement en 2021 après plus de neuf ans de procédure, l’ex-chef d’État affirme qu’« un fait non jugé totalement devient une injustice ». Il appelle donc la juridiction internationale à reprendre les investigations sur les épisodes majeurs qui ont marqué le pays entre 2000 et 2011 : la rébellion de 2002, la crise postélectorale de 2010, ainsi que le rôle des principaux acteurs politiques et militaires.
Un long retour sur les années de crise
Dans ce texte dense, Laurent Gbagbo revisite les moments clés de la crise ivoirienne. Il évoque notamment : la découverte d’un charnier à Yopougon en 2000, les premières attaques venues du nord en 2002, la partition du pays entre forces loyalistes et rebelles, rébellion qu’il attribue à Guillaume Soro et à plusieurs officiers, les médiations conduites par les organisations régionales et internationales, et les accords successifs, dont celui de Ouagadougou en 2007.
L’ancien président affirme avoir accepté, afin « de mettre fin à la guerre », d’ouvrir la voie à la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle et d’engager un dialogue direct avec les chefs rebelles. Mais il estime que le désarmement, qu’il jugeait indispensable avant tout scrutin, n’a pas été mené à bien avant l’élection de 2010.
Un scrutin toujours au cœur des tensions
Revenant sur cette présidentielle, Laurent Gbagbo rappelle que le Conseil constitutionnel l’avait proclamé vainqueur, alors que la communauté internationale reconnaissait la victoire d’Alassane Ouattara. Il réitère ses accusations visant la France et l’ONU, qu’il accuse d’être intervenues militairement pour faire basculer le rapport de force.
Il mentionne également son arrestation le 11 avril 2011, son transfèrement à La Haye, puis son acquittement en 2019, confirmé en appel en 2021.
Appel à élargir les enquêtes
« J’ai été arrêté alors que je ne suis pas le mentor de la rébellion », écrit-il. Il demande que la CPI s’intéresse désormais : au financement de la rébellion, aux violences commises dans l’Ouest, en particulier celles qualifiées de génocide Wê, et aux responsabilités internationales dans l’organisation du scrutin de 2010 « malgré l’absence de désarmement ».
Selon lui, seule une enquête complète pourra « rendre justice aux victimes » et permettre à la Côte d’Ivoire d’avancer. « La vérité est une condition de la paix », conclut-il, appelant tous les acteurs de la crise à « faire leur part ».
Axel KONE