Interrogé sur la composition du groupe E, Faé refuse de tomber dans la facilité. « C’est un bon groupe, oui, mais il faudra être sérieux et concentrés », rappelle-t-il sur la page Facebook de la Fédération ivoirienne de football (Fif). Il n’oublie pas non plus les échecs des trois dernières participations où la Côte d’Ivoire n’a jamais dépassé le premier tour. Cette édition représente pour lui une chance concrète de briser le plafond qui bloque les Éléphants depuis 2006.
Si l’Équateur et Curaçao restent encore méconnus du public ivoirien, Faé, lui, se montre prudent. L’Équateur avance avec une génération solide et habituée aux compétitions mondiales. « Ils progressent vite et ils avaient donné du fil à retordre au Sénégal lors du dernier mondial », souligne-t-il. Des joueurs du calibre de ceux évoluant à Chelsea ou Arsenal prouvent que la menace est réelle. Curaçao, novice à ce niveau, représente pour lui un danger d’un autre type. « Ils n’ont rien à perdre. Ce sont souvent ces équipes-là qui créent la surprise », prévient-il. Quant à l’Allemagne, aucun besoin de la présenter. Pour lui, c’est une nation historique, ancienne championne du monde. Elle reste le favori naturel du groupe. Pour Emerse Faé, la Côte d’Ivoire n’a plus le droit à un simple rôle d’observatrice. « C’est un devoir, presque une obligation de sortir de cette poule », insiste-t-il. le technicien ivoirien garde cependant un principe en tête. Ne jamais sous-estimer personne. « En Coupe du monde, on ne se relâche pas. Jamais. », fait remarquer le patron du banc des Eléphants
La mission confiée au sélectionneur dépasse le cadre national. Faé veut s’inspirer du Maroc, demi-finaliste en 2022, et pousser l’Afrique un peu plus haut. « Le football africain progresse. Nous devons contribuer à redorer les couleurs de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, qui comptera neuf voire dix représentants », insiste-t-il. L’ancien joueur de la sélection ivoirienne va plus loin encore et ose l’ambition ultime. « Ensemble, nous devons aller chercher ce premier titre mondial pour l’Afrique », exhorte-t-il.
Entre lucidité et ambition, Emerse Faé fixe le cap. Reste maintenant à ses Éléphants de transformer le devoir en réalité.
Eric KOUAKOU