Présentée vendredi 14 août 2026 à Abidjan par le Conseil du Coton, de l’Anacarde et du Karité (CCA-K), l’interdiction de l’exportation des noix et amandes par voie terrestre constitue l’une des principales mesures arrêtées pour cette nouvelle campagne.
Par cette disposition, les autorités veulent limiter la sortie de la matière première et favoriser son traitement au niveau national. L’objectif est notamment de permettre aux unités industrielles ivoiriennes de disposer d’un approvisionnement plus régulier et de développer davantage les activités de transformation du karité. Le président du Conseil d’administration du CCA-K, Jérôme Ehui, a également annoncé que les achats auprès des collectrices et des acheteurs sont exclusivement réservés aux unités de transformation, jusqu’à nouvel ordre.
Les transferts de camions d’amandes de karité vers les usines sont autorisés à compter du lundi 17 août 2026. Ces mesures interviennent alors que la Côte d’Ivoire dispose d’une vingtaine d’unités de transformation, avec une capacité industrielle installée estimée à 130 000 tonnes d’amandes par an. Le renforcement de l’approvisionnement de ces unités doit ainsi permettre de transformer davantage de matière première sur place, plutôt que de l’exporter à l’état brut.
Par ailleurs, Pour cette nouvelle campagne, le prix minimum bord champ des amandes de karité est fixé à 250 FCFA le kilogramme. Ce tarif concerne les amandes bien séchées, correctement triées et exemptes de matières étrangères. Le prix magasin intérieur acheteur est établi à 275 FCFA/kg, tandis que le prix magasin usine s’élève à 305 FCFA/kg. Le bilan de la campagne 2025-2026 montre déjà une progression du circuit formel. 51 697 tonnes d’amandes de karité ont été enregistrées et entièrement orientées vers les unités de transformation locales. La même campagne a permis l’exportation de 14 078 tonnes de beurre de karité vers 13 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique.
La filière comptait également 168 acheteurs, 21 unités de transformation et 32 exportateurs identifiés. Pour accompagner cette orientation vers la transformation, le CCA-K poursuit la mise en place d’outils destinés à améliorer l’identification des acteurs et la traçabilité des opérations. Une réforme globale de la filière est également en préparation afin de renforcer sa gouvernance, sa transparence et son efficacité.
Cette politique présente enfin un enjeu social important pour les communautés rurales du Nord ivoirien, où la filière karité constitue une source de revenus, notamment pour de nombreuses femmes. L’enjeu pour la Côte d’Ivoire est désormais de transformer davantage localement afin que la valeur créée par le karité bénéficie davantage aux acteurs nationaux.
Axel KONE