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L’une est avocate. Nili Kupfer-Naouri défend l’association Israël Forever qui s’est donné pour mission de « mobiliser les forces sionistes francophones ». L’autre, Rachel Touitou, est la porte-parole du collectif Tsav 9, qui a participé à plusieurs reprises à des blocages de camions humanitaires. Toutes les deux sont nées en France et vivent en Israël depuis longtemps, où elles militent dans les milieux d’extrême droite nationaliste. Les faits qui leur sont reprochés remontent à l’année 2024 et au mois de mai 2025, lorsque des véhicules avaient été bloqués aux postes-frontières de Nitzana et de Kerem Shalom.
En France, une enquête a été ouverte, par le parquet national antiterroriste, en juin 2025 pour complicité de génocide et crime contre l’humanité, à la suite de plaintes déposées par plusieurs organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme (PCHR, Al-Haq et Al-Mezan) ainsi que l’UJPF, l’Union juive française pour la paix. Pour l’avocat de Nili Kupfer-Naouri, les actions de sa cliente étaient pacifiques, destinées à dénoncer le détournement de l’aide humanitaire par le Hamas. Jointe par RFI, Rachel Touitou nous a répondu, par écrit, que le Parquet national antiterroriste français avait choisi de « se ridiculiser ».
Mais les mandats d’amener, qui ont été délivrés en juillet 2025 contre elles, portent sur une « complicité de génocide ». « Il ne s’agit pas simplement de manifestations, précise Me Damia Taharraoui, l’une des avocates de l’Union juive française pour la paix. Il s’agit d’actions de blocage et d’organisations de ces blocages. Quand on a des actions qui s’inscrivent dans le vocabulaire et la pratique du gouvernement israélien, en réalité on a une aide ou une assistance à une politique plus large qui est celle d’un génocide. »
Contrairement aux mandats d’arrêt, les mandats d’amener permettent de présenter rapidement une personne à un magistrat, sans imposer de détention provisoire. Et ils s’appliquent sur l’ensemble du territoire européen. Les deux femmes pourraient donc être arrêtées, si elles revenaient en France ou ailleurs en Europe. Seulement, sur le réseau social X, Nili Kupfer-Naouri a déjà prévenu qu’elle ne remettrait pas les pieds en France, qualifiant les poursuites dont elle fait l’objet de « délire antisémite ».
C’est pour cela que cette affaire n’avait pas encore été rendue publique. La justice française espérait un retour en France des deux mises en cause, avant qu’elles ne découvrent l’existence de ces mandats d’amener. Mi-janvier, l’avocate franco-israélienne annonçait avoir été mise au courant des risques qu’elle prenait en rentrant dans son pays d’origine.
Dans les faits, la justice française pourrait demander à entendre les deux Franco-Israéliennes en Israël, mais pour cela, elle doit obtenir l’accord des autorités israéliennes.
RFI