|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
« Le Procureur de la République, Directeur de la Section Antiterroriste du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, fait connaître que les enquêtes menées et les arrestations opérées dans le cadre des procédures pénales ouvertes à la suite des violences perpétrées lors des attroupements armés ou non armés et des troubles à l’ordre public, consécutifs à l’interdiction de la marche projetée, le 11 octobre 2025, par les groupements politiques dénommés PPA-CI et PDCI-RDA, ont révélé que certains individus ainsi que des personnes se disant membres du service d’ordre du PPA-CI étaient munis d’armes de guerre », révèle le procureur d’Abidjan, également directeur de la Section antiterroriste, dans un communiqué publié ce mardi 28 octobre 2025.
Ces faits, selon lui, constituent « une violation grave de la loi portant répression des infractions à la réglementation sur les armes, munitions et substances explosives ». Le magistrat a rappelé que la détention illégale d’armes de guerre est passible de cinq à dix ans d’emprisonnement ferme, exhortant les détenteurs d’armes sans autorisation à les déposer volontairement dans les unités de police ou de gendarmerie, sous peine de poursuites judiciaires.
Il a toutefois précisé que ceux qui procéderaient à un dépôt volontaire pourraient bénéficier de circonstances atténuantes. Cette déclaration intervient dans un contexte de tension politique marqué par les manifestations contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara, déclaré réélu par le CEI avec 89,77 % des suffrages exprimés. Depuis le début de ces mouvements, plus de 700 manifestants ont été interpellés à travers le pays, selon le parquet.
Les autorités ivoiriennes affirment vouloir faire respecter la loi face à ce qu’elles qualifient de « dérives violentes ». De leur côté, plusieurs partis d’opposition, dont le PPA-CI et le PDCI-RDA, dénoncent une répression ciblée et affirment que leurs militants ont été arrêtés « pour avoir simplement manifesté pacifiquement ».
La marche du 11 octobre, initialement projetée pour dénoncer la « confiscation du pouvoir » et « réclamer les conditions d’une élection inclusive, transparente et apaisée », avait été interdite par le ministère de l’Intérieur, invoquant des « risques d’atteinte à l’ordre public ». Elle a donné lieu à des heurts dans plusieurs communes d’Abidjan et dans certaines villes de l’intérieur, où des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont été signalés.
Alors que la tension reste vive, le parquet appelle au respect de la légalité et à la coopération avec les forces de sécurité. L’opposition de son côté continue de réclamer la libération de ses militants et un dialogue politique inclusif pour apaiser le climat post-électoral.
Axel KONE