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« Que ce soit la Cnps (Caisse nationale de prévoyance sociale : Ndlr), que ce soit la maison d’un homme politique, personne ne pourra empêcher cette route-là de se faire. Vous savez que les parents du village avaient proposé un détour de la route qui contournait le village mais qui va payer le surplus ? On dit qu’on est en train de faire une route pour gagner du temps pour que les gens rentrent vite au Plateau en venant de Yopougon et, c’est en ce moment qu’on va faire des contorsions ? On ne fera pas de contorsion, la route se fera, l’emprise sera dégagée », a martelé Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, à l’occasion de la conférence de presse sanctionnant le Conseil des ministres qui s’est tenu, jeudi 1er août 2024, sous la présidence du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, au palais de la présidence de la République, à Abidjan-Plateau.
Le collaborateur du Premier ministre, Robert Beugré Mambé, s’est montré intransigeant sur cette question du déguerpissement des emprises du 4e pont. Relativement aux débordements qui ont été constatés lors de l’opération de déguerpissement la semaine dernière dans le quartier d’Adjamé-village, le membre du gouvernement a fourni des explications : « On entend beaucoup de choses. On avait dit que c’était telle limite, mais un projet peut évoluer. C’est vrai qu’on avait parlé de cette voie prolongeant le 4e pont, mais il y a le Brt (Bus transit rapide) qui est venu s’ajouter ».
Amadou Coulibaly a, toutefois, regretté les conséquences de ce déguerpissement, indiquant que le gouvernement y a accédé par souci de fluidifier la circulation dans la ville d’Abidjan et spécifiquement dans les communes de Yopougon, Attécoubé, Adjamé et la cité des affaires, c’est-à-dire, le Plateau. « J’invite les gens à faire confiance au gouvernement. Aucun gouvernement n’a intérêt à brimer les populations qu’il est censé administrer ! Aucun. Il y a eu des incompréhensions », a-t-il soutenu.
Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, a traduit la solidarité du gouvernement aux populations impactées, les invitant à se soumettre à la décision de justice, et à libérer toutes les emprises afin que les travaux puissent se poursuivre et s’achever. Il a souligné le fait que toutes les populations impactées par les déguerpissements seront dédommagées. Mieux, il a informé que le nombre de personnes identifiées par les équipes techniques, préalablement à l’opération de déguerpissement, a pris l’ascenseur. De 317, le nombre est passé à 3.000. Face à cette augmentation vertigineuse du nombre d’impactés, le porte-parole du gouvernement a fait savoir que les discussions sont en cours afin de trouver un compromis pour que tous soient indemnisés, selon le préjudice subi. « Nos parents se laissent toujours surprendre quand on demande de recenser les gens. Il y a toujours des gens qui se rendent réfractaires, il y a toujours des adeptes de la politique complotiste… Il y a 317 qui ont été identifiés. Avant de rendre sa décision, le tribunal a commis des experts qui ont évalué les biens de chacun de ceux qui se sont fait recenser et, dans la décision, les indemnisations sont en face. Personne ne peut dire qu’il a été surpris. Chacun de ceux qui ont été recensés sait combien il doit percevoir. Il y a un travail qui a été fait sur plusieurs années… De 317, on est pratiquement à 3.000 aujourd’hui. Mais pour les anciens, ils savent que c’est depuis les années 90 qu’il avait été souhaité que le village soit déplacé. Ce n’est pas nouveau, mais le gouvernement est un gouvernement qui sait tendre la main au nom de la Côte d’Ivoire solidaire. C’est pourquoi, le gouvernement, par la voix du directeur général de l’Ageroute, a tendu la main. Les discussions se poursuivent. Et elles se poursuivront et les discussions qui seront arrêtées d’accord partie seront exécutées », a éclairé M. Coulibaly.
Relations entre Abidjan et Ouagadougou
Autre sujet évoqué par le porte-parole du gouvernement dans la phase des questions-réponses : les relations entre Abidjan et Ouagadougou. Ces relations se sont détériorées ces derniers mois après que le Burkina Faso a décidé de faire prisonniers deux gendarmes ivoiriens et que les autorités de ce pays notamment le chef de la junte au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré, a lancé publiquement des accusations de déstabilisation de son pays depuis la Côte d’Ivoire qui abriterait un « centre des opérations ». Amadou Coulibaly a formellement démenti les accusations de déstabilisation du capitaine Ibrahim Traoré. « Le président de la République est le chef suprême des armées, son ministre de la Défense quand il fait une interview (allusion faite à la récente interview du ministre d’Etat, Téné Birahima Ouattara, à Jeune Afrique, Ndlr), connaissant le fonctionnement de l’armée où le respect de la hiérarchie est sacro-saint, vous imaginez bien qu’il n’a pas fait cette interview sans en avoir parlé avec le chef suprême des armées d’abord. Considérez que l’interview du ministre d’Etat, ministre de la Défense est la position de la Côte d’Ivoire (…) en tout état de cause, notre pays est un pays de paix, notre pays ne sert pas de base pour déstabiliser un pays quel qu’il soit. Notre pays est une terre d’accueil qui a toujours reçu ici, depuis le président Houphouët-Boigny, tous les leaders, les anciens chefs d’Etats qui avaient des difficultés. Ils ont toujours été reçus ici en Côte d’Ivoire. C’est une tradition d’accueil, c’est le pays de l’hospitalité, c’est le pays qui tend la main à tous ceux qui sont en difficulté pour des raisons humanistes », a-t-il expliqué.
Amadou Coulibaly a, par ailleurs, répondu au Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (Ppa-Ci) de Laurent Gbagbo. Face aux accusations de Ouaga, le parti d’opposition a demandé une « enquête parlementaire ». « Le fait que Ppa-Ci ait demandé une enquête parlementaire, nous sommes en démocratie, j’ai aucun commentaire à faire. Je note seulement que ce parti soutient des régimes putschistes », a réagi le porte-parole du gouvernement.
Affaire « Katinan »
S’agissant du récent voyage du président du Conseil stratégique et politique (Csp) du Ppa-Ci, Justin Koné Katinan, au Burkina Faso, et face à la volonté du Rassemblement de houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) par le truchement de son porte-parole, Adjoumani Kouassi Kobenan, de comprendre les raisons profondes dudit voyage, le ministre de la Communication a jugé fondée la position du parti présidentiel.
« Katinan qui apporte son soutien à la junte militaire, mais c’est pénible. Katinan vient de montrer à la face du monde ce qu’ils étaient en train de faire en sourdine pour vouloir déstabiliser notre pays. Sinon comment comprendre qu’on aille jusqu’au Burkina Faso apporter du soutien à un régime issu de coup d’Etat ? Celui qu’il adule aujourd’hui comme étant son chef, on l’a vu dans des vidéos, qui disait qu’on ne peut pas accepter que des putschistes dirigent un pays », s’était offusqué, mercredi 31 juillet, en conférence de presse, Adjoumani K. Kobenan. « Moi, je pense que Katinan mérite d’être entendu », avait-t-il ajouté.
Interrogé, ce jeudi 1er août, le porte-parole du gouvernement a précisé que ce point n’avait fait l’objet d’aucune communication particulière en conseil des ministres. Amadou Coulibaly a, tout de même, déclaré : « Il y est allé, il sait pourquoi il y est allé, il sait les propos qu’il y a tenus. Je sais que c’est un responsable et il assumera ses propos si tant qu’il est que dans ses propos, il se trouvait quelques allégations qui appellent à la subversion qui est punie par la loi. Il devra assumer ses actes. C’est cela aussi être responsable. Je pense que les services compétents feront leur travail. Le Rhdp qui est un parti politique peut appeler à l’attention de l’Etat comme peut le faire n’importe quel citoyen. Mais, on ne peut pas interdire ou refuser au Rhdp de s’inquiéter pour son pays si tant il est que des gens veulent s’aligner à des régimes subversifs, le Rhdp qui aime ce pays, au nom de l’houphouëtisme qu’il promeut, peut s’en inquiéter et faire les interpellations qu’il a faites. Au gouvernement, ça n’a pas fait l’objet d’une analyse quelconque. Cela ne permet pas de préjuger de la suite qui sera donnée à cette affaire ».
Source L’inter