Parmi eux figurent plusieurs figures de premier plan : Michel Gbagbo, Koné Katinan Justin, Sébastien Dano Djédjé, Tchéidé Jean Gervais, Assoa Adou, Demba Traoré, Habiba Touré, Damana Pickas, Fadiga Kissous, Zéhéroué Édouard, Étiassé Sam, Séhi Gaspard et Hubert Oulaye.
Selon la convocation publiée ce mardi 28 octobre 2025 sur la page Facebook du député Michel Gbagbo, les concernés sont invités à se présenter au Service des Enquêtes Générales de la Préfecture de Police d’Abidjan, situé sur la route d’Abobo, après le carrefour MACACI. Le document précise : « Vous êtes prié de vous présenter avec votre Conseil (avocat), conformément à la procédure pénale prévue par l’article 90 nouveau du Code pénal. »
Pour l’heure, les motifs exacts de ces convocations n’ont pas été communiqués. Aucun élément officiel ne permet encore de savoir si elles sont liées à une enquête judiciaire spécifique, à des propos récents de certains membres du parti ou à des activités politiques sur le terrain. Cette série de convocations intervient dans un contexte politique fragile. Au lendemain de la présidentielle 2025 à l’issue de laquelle le Président Alassane Ouattara a été élu selon les résultats provisoires livrés par la Commission électorale indépendante (CEI).
Depuis plusieurs mois, les relations entre le pouvoir et le camp Gbagbo restent tendues. Le PPA-CI, déjà très critique envers la gestion du gouvernement, dénonce des entraves à la liberté d’expression et d’organisation politique. L’appel simultané de treize de ses cadres à la Police criminelle risque donc d’être interprété comme une manœuvre d’intimidation, voire une tentative de pression politique. Si le parti venait à dénoncer publiquement une “chasse aux sorcières”, cette affaire pourrait rallumer des tensions entre militants du PPA-CI et partisans du pouvoir.
Plusieurs observateurs redoutent une radicalisation du discours politique et un affaiblissement du climat de réconciliation nationale, déjà fragile malgré les appels au dialogue lancés par les autorités. En interne, ces convocations pourraient aussi resserrer les rangs autour de Laurent Gbagbo, qui reste la figure centrale du mouvement. Mais sur la scène nationale, elles risquent d’accentuer la polarisation politique, dans un pays encore marqué par les blessures des crises passées.
E.KOUAKOU