Homme du match, Amad Diallo a délivré les siens juste après la pause, d’un plat du pied précis. Le symbole est fort pour l’attaquant de Manchester United, absent des deux dernières Can en raison de blessures. « J’ai attendu ce moment longtemps. Je suis fier, mais le plus important était de gagner en équipe », a-t-il confié après la rencontre. Grâce à ce succès, la Côte d’Ivoire prend la tête du groupe F avec trois points, à égalité avec le Cameroun, vainqueur du Gabon (1-0) un peu plus tard dans la soirée.
Si le résultat satisfait le sélectionneur Emerse Faé, le contenu appelle davantage de rigueur. Dominatrice, la Côte d’Ivoire a manqué de tranchant dans les zones décisives. Quinze tirs tentés, dont seulement cinq cadrés, des centres mal ajustés, des dernières passes imprécises : les occasions se sont multipliées sans jamais être totalement exploitées. Un manque de réalisme qui a maintenu le Mozambique dans le match jusqu’aux dernières minutes.
« On regrette le manque d’efficacité. On aurait aimé mettre ce deuxième but », a reconnu Emerse Faé, lucide. Le sélectionneur ivoirien sait que ces détails peuvent coûter cher à ce niveau. « On est conscient de nos manques dans les derniers gestes, sur la justesse technique, la finition. Mais on va travailler, continuer à monter en puissance. J’attends plus », a-t-il insisté. Pour lui, la marge de progression est nette : « Quand il faut centrer au sol, on centre en l’air. Ce sont ces petits détails qui font la différence dans une grande compétition. » Même constat du côté des cadres. Jean Michaël Seri parle d’une équipe encore en construction offensivement. « On a du mal à finir, mais les automatismes arrivent », estime le milieu ivoirien, qui souligne la complémentarité naissante entre Wilfried Zaha, Yan Diomandé et Amad Diallo. Un trio prometteur, mais encore perfectible.
Cette montée en puissance devra être rapide. Car le rendez-vous du 28 décembre face au Cameroun s’annonce comme un premier tournant dans cette Can. Au-delà de la rivalité historique entre les deux géants du football africain, l’enjeu est majeur : la première place du groupe F. Une victoire offrirait à la Côte d’Ivoire un avantage stratégique pour la suite, avec un adversaire théoriquement plus abordable en huitièmes de finale.
Championne en titre, la Côte d’Ivoire est attendue. Face aux Lions indomptables, elle devra faire plus que gagner. Elle devra convaincre, se libérer offensivement et affirmer son statut. Le match contre le Mozambique a posé les bases. Celui contre le Cameroun dira si les Éléphants sont prêts à défendre pleinement leur couronne.
Axel KONE