« Transformer pour durer ». C’est autour de ce slogan qu’Idriss Diallo entend poursuivre son action à la tête de la Fédération ivoirienne de football. Candidat unique à l’élection pour le prochain mandat, le président sortant a présenté, les grandes orientations de son projet devant l’ensemble des composantes de l’écosystème du football ivoirien. Dirigeants de clubs, responsables de ligues et de districts, joueurs et joueuses, entraîneurs, éducateurs, arbitres, partenaires, médias, supporters et bénévoles étaient réunis au Sofitel Hôtel Ivoire pour le lancement officiel de sa campagne.
Face à eux, Idriss Diallo a rappelé leur rôle dans la progression du football national. « Vous êtes au cœur de notre football. Vous en êtes la force vive, les acteurs essentiels et les premiers bâtisseurs », a-t-il déclaré. Le président sortant a ensuite dévoilé l’une des principales mesures de son programme : une nouvelle augmentation des subventions destinées aux clubs et aux groupements d’intérêt. Une évolution qui, selon lui, doit permettre aux acteurs du football de franchir un nouveau cap dans leur structuration.
Idriss Diallo s’est appuyé sur le bilan de son premier mandat pour illustrer cette politique. Depuis l’arrivée de son équipe en 2022, les montants alloués aux clubs ont progressivement augmenté. Sur la période 2022-2026, la subvention de la Ligue 1 est ainsi passée de 75 à 100 millions de francs Cfa, tandis que celle de la Ligue 2 est passée de 30 à 50 millions. En Division 3, elle a doublé, passant de 15 à 30 millions de francs Cfa. Le football féminin a également bénéficié de cette hausse. Sa subvention est passée de 2,5 à 10 millions de francs Cfa.
Pour le prochain cycle, Idriss Diallo promet de poursuivre cette progression. « Pour la période de 2026-2030, cette évolution nous permettra de passer, en Ligue 1, de 100 millions de Fcfa à 140 millions de Fcfa. La Ligue 2 passera de 50 à 70 millions. La Ligue 3 passera de 30 à 40 millions de Fcfa. Le football féminin passera de 10 à 15 millions de Fcfa. Les groupements d’intérêt passeront de 15 à 20 millions de Fcfa. C’est un changement d’échelle majeur », a annoncé le candidat.
La subvention un levier de transformation
Pour Idriss Diallo, l’enjeu ne réside toutefois pas uniquement dans l’augmentation des montants. Il s’agit surtout de faire de ces ressources un outil permettant aux clubs de se professionnaliser et, à terme, de gagner en autonomie. « Derrière ce chiffre, il y a une ambition, beaucoup de travail », a-t-il souligné au nom du Comité exécutif de la Fif. Le président sortant souhaite notamment que les subventions contribuent à mieux structurer les clubs, à renforcer l’encadrement des joueurs et des joueuses et à améliorer leur fonctionnement. Son ambition est claire : parvenir progressivement à une situation où les clubs ne dépendent plus exclusivement des aides fédérales. « Nous souhaitons que cette subvention soit un levier de transformation pour permettre à nos clubs de mieux se structurer, mieux encadrer les joueurs et les joueuses qui doivent bénéficier de ces évolutions », a-t-il expliqué.
À l’horizon 2030, Idriss Diallo veut ainsi voir émerger des clubs capables de construire leur propre modèle économique, en s’appuyant notamment sur les partenariats, la billetterie, la fidélisation des supporters, la valorisation de leur image et la digitalisation. Pour le candidat, cette évolution doit permettre au football ivoirien de sortir d’une logique de dépendance. « Nous voulons des clubs plus forts », a-t-il insisté, tout en appelant les dirigeants à utiliser l’augmentation des subventions comme un point de départ vers davantage d’autonomie. Il estime d’ailleurs qu’une nouvelle dépendance aux subventions à l’issue du prochain cycle constituerait un échec collectif.
« Si nous revenons en 2030, dans le prochain cycle qui va commencer, pour parler encore de subvention, je pense que ce sera un échec collectif. Il faut que tous ensemble, on travaille à structurer les clubs », a-t-il affirmé. Idriss Diallo a également évoqué l’existence, dans le paysage ivoirien, de clubs ayant déjà réussi à mettre en place des modèles plus structurés et à obtenir des résultats significatifs. Pour lui, ces expériences doivent servir de référence afin d’accélérer la transformation de l’ensemble de l’écosystème. Au-delà des chiffres, le message du président sortant se veut donc un appel à une responsabilité partagée. La Fédération, les clubs et l’ensemble des acteurs du football doivent, selon lui, œuvrer ensemble à la construction d’un modèle plus solide et plus autonome.
« C’est ensemble, avec vous les clubs, les jeunes, que nous pourrons tous ensemble construire le football ivoirien. Mettons donc la balle au centre. Que le match de la transformation commence. Et tous ensemble, transformons le football ivoirien », a conclu Idriss Diallo.
Axel KONE