Salif Bictogo ne cherche pas à minimiser l’élimination collective. Pour autant, le président de la Lpf refuse d’y voir la preuve d’un recul général du championnat national. Selon lui, la compétence ne suffit pas toujours : l’expérience et la réussite comptent également dans ces confrontations à élimination directe. Il reconnaît néanmoins que certains clubs ont manqué de maîtrise dans les moments décisifs. La gestion du temps, des émotions et des dernières minutes constitue, à ses yeux, un apprentissage indispensable au haut niveau. Autre facteur pointé : le démarrage tardif de la Ligue 1. Salif Bictogo aurait souhaité un coup d’envoi dès le mois d’août afin de permettre aux équipes d’accumuler davantage de rencontres et de retrouver leurs automatismes avant les échéances africaines.
Mais le chantier dépasse la seule préparation sportive. Le patron de la Lpf appelle les clubs à prendre davantage de responsabilités dans leur développement économique. Si l’État et la Fédération ivoirienne de football (Fif) contribuent aux frais de déplacement, d’hébergement et à l’accompagnement financier des équipes engagées en Afrique, il estime que les dirigeants doivent également renforcer leurs effectifs et bâtir des projets sportifs et financiers solides. La question de l’attractivité du championnat figure aussi parmi ses préoccupations. Pour remplir les stades, les clubs doivent davantage s’ancrer dans leur environnement, nouer des relations avec les populations et les acteurs économiques locaux. Il évoque également les difficultés de transport et le coût de la vie, qui éloignent certains supporters des enceintes sportives. Des États généraux du football sont ainsi annoncés pour 2027 afin de réfléchir collectivement à ces défis.
Autre alerte : l’exode précoce des jeunes talents à travers des détections insuffisamment encadrées. Salif Bictogo réclame un meilleur contrôle de ces opérations pour protéger les joueurs, les centres de formation et les clubs locaux. Le dirigeant pose à travers ce diagnostic, une question essentielle : comment préserver les talents, renforcer les clubs et rendre le championnat plus compétitif ? Pour lui, la reconquête africaine passe nécessairement par une réforme en profondeur des fondations du football ivoirien.
Axel KONE