|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Selon Anderson Ehouman, directeur du département Culture d’exportation et Diversification du FIRCA, le pays a déjà franchi un cap important. « Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est à 43 % de transformation de ses noix brutes. Il y a une grosse opportunité de transformation de cette production », a-t-il souligné, rappelant que l’objectif national est d’accroître la valeur ajoutée locale. Pour atteindre cette ambition, le FIRCA entend jouer un rôle central auprès des principaux acteurs de la filière, notamment les producteurs et les transformateurs. L’institution intervient en soutenant les initiatives visant à renforcer les capacités de transformation, avec un accent particulier sur les unités de petite et moyenne taille.
« Nous soutenons les transformateurs ainsi que toutes leurs initiatives en la matière, surtout au niveau des petites transformations, afin qu’ils puissent promouvoir la production d’amandes sur place », a expliqué Anderson Ehouman. Cette approche vise à limiter l’exportation de matières premières et à encourager la création d’emplois locaux, tout en dynamisant l’économie agricole.
Dans cette dynamique, le FIRCA s’appuie également sur des partenariats financiers structurants. La structure a ainsi noué une collaboration avec NSIA Bank, qui met à disposition près de 5 milliards de FCFA en crédits destinés aux agro-transformateurs. Une enveloppe destinée à lever les contraintes liées au financement et à accélérer la modernisation du secteur. Le modèle d’intervention du FIRCA repose en grande partie sur les interprofessions, définies comme l’ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne de valeur d’une filière. Leur contribution financière alimente un portefeuille évolutif, directement lié au niveau de production et aux besoins exprimés.
« Le portefeuille n’est pas fixé. Il dépend d’une portion de la production reversée au FIRCA et varie selon les attentes des producteurs et des familles d’interprofessions », a précisé le responsable. À titre d’exemple, la filière cajou reverse 3 francs par kilogramme pour au FIRCA pour soutenir le financement de ses actions.
Les interprofessions jouent également un rôle d’orientation stratégique. Ce sont elles qui identifient les priorités, définissent leurs attentes et planifient les activités avec le FIRCA. Lorsque l’intérêt est manifesté pour soutenir une chaîne de valeur spécifique, une convention est signée afin de faciliter la redistribution des ressources vers les bénéficiaires.
À travers cette gouvernance participative et ces mécanismes de financement, le FIRCA confirme sa volonté d’accompagner durablement la transformation de l’anacarde, un levier majeur pour l’industrialisation agricole et la croissance économique de la Côte d’Ivoire.
J.F.PAGNI