Les deux figures emblématiques de la politique ivoirienne envisagent une rencontre décisive, un premier pas vers une alliance en vue de l’élection présidentielle de 2025.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’appel au rassemblement lancé par Laurent Gbagbo, président du PPA-CI, le 14 juillet 2024 à Bonoua. Dans ce discours, Gbagbo avait exhorté les forces de l’opposition à s’unir pour défendre les libertés, garantir des élections justes et transparentes, et créer une dynamique capable de reconquérir le pouvoir.
Répondant à cette main tendue, Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, a salué cette démarche et exprimé sa volonté de bâtir une alliance solide avec le PPA-CI. « Je pense que le moment est venu de nous retrouver, et nous allons faire en sorte que ces retrouvailles conduisent notre famille politique au pouvoir en 2025 », a-t-il affirmé lors d’une récente interview accordée à RFI. Il a également souligné qu’aucun parti politique, à l’heure actuelle, ne peut prétendre remporter seul une élection en Côte d’Ivoire.
Pour l’ancien Premier ministre ivoirien, favorable à une reconstitution du bloc de la gauche ivoirienne, ces retrouvailles, bien qu’encore à planifier dans leurs détails, sont primordiales pour sceller la réconciliation et jeter les bases d’une collaboration future.
« Il est question que le président Gbagbo et moi nous retrouvions, car au-delà de l’accord, il y a une réconciliation à organiser pour rassurer l’opinion et crédibiliser une quelconque alliance. Il faut d’abord que nous envoyions un message fort en montrant que nous avons tourné la page des dissensions et que nous sommes dans une nouvelle dynamique », a-t-il déclaré. Cette rencontre, selon Affi, permettra également de définir « la manière d’aller ensemble à ces élections de 2025 ».
Selon M. Affi, il s’agira dans le cadre de ce rapprochement avec le parti de Laurent Gbagbo, d’unir leurs forces pour maximiser leurs chances de victoire en 2025. L’ex-président ivoirien, autrefois critique envers le FPI depuis la scission de 2014, semble désormais reconnaître l’importance de réunifier cette grande famille politique.
« Le président Gbagbo a compris que c’est dans ces retrouvailles que réside notre chance de revenir au pouvoir. Une enveloppe soi-disant vide ne peut pas être sollicitée pour construire un tel rassemblement », a ajouté Affi, en référence à sa propre formation politique. Au-delà d’un simple accord, cette alliance pourrait représenter un tournant majeur pour l’opposition ivoirienne.
En collaborant, les deux partis espèrent non seulement galvaniser leurs bases respectives, mais également attirer les indécis, comme Charles Blé Goudé et le COJEP, le MGC de Simone Gbagbo ainsi que les mécontents du régime actuel.
Si cette rencontre se concrétise, elle marquera une étape importante dans la quête de l’unité au sein de l’opposition ivoirienne.
Cependant, des défis persistent, notamment la gestion des ambitions personnelles et des désaccords idéologiques. Mais une chose est certaine : la Côte d’Ivoire observera avec attention cette évolution politique, qui pourrait redessiner le paysage électoral de 2025.
E.K.