Mieux prévenir les comportements à risque et accompagner les personnes confrontées à une dépendance aux jeux de hasard. C’est l’objectif de la convention signée entre l’ARJH et le CIERPA. Cet accord établit un cadre de collaboration entre l’autorité chargée de la régulation du secteur et une structure spécialisée dans la recherche et l’accompagnement psychologique.
Si les jeux de hasard restent pour beaucoup un simple divertissement, leur pratique peut devenir problématique chez certaines personnes. Les conséquences peuvent alors être lourdes : difficultés financières, tensions familiales, isolement social et souffrance psychologique. Face à ces risques, l’ARJH entend renforcer les mécanismes de prévention et faciliter l’accès à un accompagnement adapté.
Lors de la signature, le président du Conseil de régulation de l’ARJH, Jules Dally, a présenté cet accord comme une réponse à un enjeu de société. « Cette convention est le symbole de notre volonté mutuelle à relever un défi important : celui de sauver les populations victimes des conséquences néfastes des jeux de hasard », a-t-il déclaré.
Il a également souligné que cette initiative s’inscrit dans une démarche de protection des populations et de promotion d’une gouvernance responsable du secteur. Il a salué l’engagement du CIERPA, qui accueillera et assurera le suivi des joueurs souffrant d’addiction orientés par l’ARJH.
Le directeur du CIERPA, le Dr Hassan Tieffi, a pour sa part insisté sur la portée de ce partenariat. Au-delà d’un accord administratif, il y voit une occasion de mettre la recherche scientifique et l’expertise psychologique au service de la prévention. Son institution entend contribuer à une meilleure compréhension des comportements des joueurs et à l’élaboration de réponses adaptées aux situations de dépendance.
Un dispositif de prévention et de prise en charge
La convention prévoit plusieurs actions concrètes. Le CIERPA prendra en charge les joueurs qui lui seront adressés et assurera le suivi des cas nécessitant une intervention spécialisée. Les deux partenaires travailleront également à la mise en place d’outils de profilage et de mécanismes permettant de repérer plus tôt les comportements à risque.
Le partenariat comprend aussi la réalisation d’études sur les addictions aux jeux de hasard en Côte d’Ivoire, l’élaboration de supports de sensibilisation et l’organisation de campagnes en faveur du jeu responsable. Autre volet important : l’accompagnement de l’ARJH dans la création d’une cellule de soutien psychologique et la formation des agents chargés de surveiller le secteur.
Les deux institutions ambitionnent de mieux protéger à travers cette initiative, les joueurs et leurs familles, tout en développant une culture du jeu responsable. L’efficacité du dispositif dépendra désormais de sa mise en œuvre et de sa capacité à faciliter l’identification des personnes en difficulté, puis leur orientation vers une prise en charge adaptée.
Axel KONE