|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Un trophée, un chèque et des ovations nourries. C’est désormais une tradition au Salon international du livre d’Abidjan (Sila), la cérémonie officielle d’ouverture est précédée par la remise de prix littéraires. C’est ce qui a été fait, le 29 avril 2026, au Parc des expositions d’Abidjan, devant un parterre d’acteurs du livre, d’élèves et étudiants, en attendant l’ouverture officielle de cette 16e édition, ce jour, en présence de membres du gouvernement et du banc et de l’arrière banc de littérature ivoirienne.
Cette année, le Grand Prix national Bernard B. Dadié de la littérature est revenu à l’écrivain ivoirien Maurice Bandaman, par ailleurs ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, pour son roman intitulé « Sœurs esclaves ».
Publié en septembre 2025, aux éditions Présence africaine, ce livre raconte l’histoire de deux sœurs jumelles libres s’engageant dans un esclavage volontaire pour suivre un proche déporté vers le Brésil. L’œuvre mêle fiction et faits historiques, abordant la mémoire de la traite négrière et la quête d’identité. Elle explore des thèmes comme l’amour, la résistance, les traumatismes mémoriels liés aux déportations.
L’auteur, qui a été représenté par sa maison d’édition, décrit cette œuvre comme une « odyssée mémorielle ». « Cette distinction prestigieuse dépasse ma personne. Elle rend hommage à une mémoire, à une histoire, à ces voix longtemps tues que j’ai souhaité faire résonner à travers cette œuvre. Elle consacre également un engagement profond pour une littérature africaine exigeante, lucide et ancrée dans ses réalités. Je dédie ce prix à la Côte d’Ivoire, à ses écrivains, à sa jeunesse, et à tous ceux qui croient au pouvoir des mots pour éclairer, transmettre et bâtir. lus que jamais, continuons de lire, d’écrire et de faire vivre notre patrimoine culturel », a déclaré le lauréat.
Auteur prolifique à la carrière pour le moins glorieuse, Maurice Bandaman a été Grand littéraire d’Afrique noire en 1993. Et c’est lui l’auteur à l’honneur à ce Sila.
Il succède à Fidèle Goulyzia, Grand prix littéraire Bernard Dadié 2025 avec son roman « Malo Woussou », et repart avec un trophée et un chèque de 5 millions de FCfa. L’enveloppe accompagnant ce prix littéraire a connu une hausse cette année passant de trois à cinq millions de FCfa.
Le Prix national Bernard B. Dadié du jeune écrivain, lui, a été décerné à Souboré Dali pour son livre « Les monts de Kong » paru aux éditions du Continent. Souboré Dali succède à Nincemon Fallé avec « Ces soleils ardents » en empochant une enveloppe de deux millions de FCfa.
Le Prix national Jeanne de Cavally de la littérature enfantine a été attribué à Assamala Amoi avec son roman « Trésor perdu dans la ville ». Celui de la meilleure maison d’édition aux « Éditions Tabala » pour la publication du livre « Marie-Thérèse, naissance d’une icône » de Brice Brou. Enfin, le Prix national du meilleur club de lecture est revenu au club « Les femmes qui lisent ».
Pour chaque prix, a souligné le jury, des dizaines d’œuvres toutes de bonne facture allant de la biographie au roman en passant par le récit, le recueil de nouvelles et l’essai, étaient en compétition. N’ayant certes pas remporté de prix, une mention spéciale, une sorte de coup de cœur, a été faite à l’œuvre « L’amour ne prie pas cinq fois » de Donassihi Coulibaly.
Le monde du livre a donc répondu à son rendez-vous annuel d’Abidjan. Le salon durera jusqu’au 2 mai. Avant la remise des prix, le président de l’Association des éditeurs de Côte d’Ivoire (Assedi), Charles Pemont, se félicitant d’une présence massive des participants, a situé en quelques mots le contexte de cette édition du Sila qui, rappelons-le, a pour thème : « Lire pour bâtir ».
Pour lui, ce thème célèbre l’objet-livre et réaffirme l’engagement ferme du Sila de contribuer à la construction d’un avenir sûr pour une nation ivoirienne tournée vers le savoir. En fait, le livre doit être une « arme de construction massive » comme l’avait martelé le commissaire général, Anges Félix N’Dakpri, à la conférence de presse de lancement.
Hélène Lobé, présidente de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire (Aeci), émue par l’effervescence que crée le salon, s’est réjouie du fait que « Dadié n’est pas mort ». La conférence inaugurale a été prononcée par Jean-Marie Kouakou, professeur de lettres et directeur de l’École doctorale sociétés, communications, arts, lettres et langues (Scall) de l’Université Félix Houphouët-Boigny sur le thème : « Lire pour bâtir : la littérature pour explorer la totalité de l’être ». Le Sila 2026 attend pas moins de 100 000 visiteurs venant des quatre coins du monde.
A.KONE