« Il est constitué d’une école de théâtre et de cinéma pour l’acteur d’abord, et doté d’un festival. A terme, cette école-là aura aussi des départements pour la technique, c’est-à-dire les directeurs de la photo, costume, décor, BFX, tout ce qui suit après dans l’industrie cinématographique. Mais on commence par l’acteur d’abord », a expliqué M. De Bankolé.
S’agissant de la formation, il s’agit de l’Ecole panafricaine de formation d’acteur (cinéma et théâtre) dont la mission principale sera d’offrir à la jeunesse ivoirienne les outils nécessaires à son épanouissement, son autonomie et son indépendance professionnelle. A travers cette école, l’initiateur estime que le moment est venu de concrétiser une formation artistique d’excellence au service de la Côte d’Ivoire, première puissance économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et deuxième moteur économique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).
Le deuxième volet du projet porte sur le festival Premier continent dont l’édition inaugurale est prévue en novembre 2027 à Abidjan. Ce rendez-vous ambitionne d’accroître la visibilité du cinéma africain à l’échelle internationale, favoriser la professionnalisation des acteurs et professionnels de l’image et enfin, identifier et faciliter l’accès aux financements pour les productions du continent. Ses piliers reposent un dialogue international et tremplin pour la jeunesse, l’accompagnement et l’industrie « Abidjan Film Lab », le cinéma populaire et la démocratisation culturelle et enfin, la mémoire, le patrimoine et la transmission dénommée « Cinémémoire ».
Au cours de cette édition, un jury de cinq membres décernera deux distinctions à savoir l’Eléphant d’or (meilleur film de la sélection officielle) et La graine Premier continent (meilleur film) et rendra un hommage aux pionniers du cinéma ivoiriens (Timité Bassori, Désiré Ecaré, Henri Duparc, Roger Gnoan M’Bala) ainsi qu’à des figures emblématiques du continent africain (Douta Seck, Oumarou Ganda, Med Hondo, Youssef Chahine, etc).
De son côté, Thierry Frémaux, une figure importante du festival de cannes, a justifié son soutien au projet Premier continent par le fait qu’il veut associer le caractère universaliste de cet évènement qui se déroule en terre française à celui qui veut voir le jour en Côte d’Ivoire. « Nous savons du cinéma africain que ce qui vient à nous. C’est le phénomène inverse que nous voulons faire. Je suis heureux que le festival de Cannes veuille associer son aspect universaliste à ce projet », a-t-il affirmé.
De son côté, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, dont le département associe son image à ce projet d’Isaach Bankolé, s’est réjouie de ce que l’initiative accompagne l’ambition du gouvernement en matière de cinéma, de rayonnement et de visibilité aussi de tout ce qui est fait. Selon elle, l’Etat a mis place des mécanismes pour le développement de l’industrie cinématographique à travers diverses réformes et mesures. En plus, le financement de la politique culturelle n’est plus un problème en tant que tel car cela figure en bonne place dans le Plan national de développement (PND) du gouvernement à l’horizon 2030.
« L’État, en réalité, est là juste pour mettre le cadre. On est vraiment dans un état d’esprit avec le gouvernement. (…) On est dans un état d’esprit où on met les conditions (…) On met à disposition le cadre, on réforme, on parle avec les plateformes, on parle avec tout le monde, et puis on espère effectivement créer le cadre pour avoir de belles initiatives comme celle-là », a confié Mme Remarck.
Isaach De Bankolé est né et grandi à Triechville, une commune d’Abidjan. Figure majeure du cinéma africain, il a construit une carrière remarquable entre l’Afrique, l’Europe et les Etats-unis d’Amérique de part sa collaboration avec des réalisateurs de renom notamment Jim Jarmusch, Lars Von Trier, Claire Denis, etc.
J.F.PAGNI