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« Il se dessine une volonté claire de mettre notre parti, le PDCI-RDA, sous contrôle ou sous tutelle, à un moment où l’espérance d’un retour du parti au pouvoir, après 25 années d’opposition, est partagée par beaucoup d’Ivoiriens ainsi que par nos militants et sympathisants », a déclaré Tidjane Thiam dans sa vidéo partagée sur sa chaîne YouTube.
Dans ce contexte, il a ajouté « remettre son mandat de président du parti », entre les mains des militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire. Cette annonce décision surprise s’apparente-t-elle à un renoncement face aux obstacles ou plutôt d’un coup stratégique d’un homme politique averti ?
L’annonce de l’ancien patron du Crédit Suisse, faut-il le souligner, intervient dans un contexte de tension politico-judiciaire dans lequel le PDCI-RDA est entraîné depuis le mois de février dernier. Valerie Yapo, ancienne déléguée du parti à Akoupé, conteste en effet la légitimité de Tidjane Thiam à la tête du parti en raison de sa double nationalité au moment de son élection à la présidence du PDCI-RDA. Dans l’action judiciaire introduite, le membre du bureau politique réclame notamment la destitution de M. Thiam ainsi que la mise du PDCI-RDA sous administration judiciaire. Le verdict de cette affaire qui est attendu pour le jeudi 15 mai prochain.
Une manœuvre politique
C’est donc dans un objectif de contournement d’une décision de justice qui pourrait lui être préjudiciable que l’ancien ministre et banquier international semble avoir pris les devants. « Tidjane Thiam fait de la politique. Il anticipe une décision judiciaire qui pourrait lui être préjudiciable le 15 mai prochain », analyse Geoffroy Julien Kouao, politologue et essayiste ivoirien. Selon lui, le retrait de Thiam au profit du doyen d’âge Ernest N’Koumo Mobio permet au PDCI-RDA de réfléchir à un éventuel plan B. « Tidjane Thiam pose un acte empreint d’humilité, qui rompt avec la posture d’homme providentiel, indispensable, irremplaçable, caractéristique de la classe politique ivoirienne », a-t-il indiqué.
La nomination de Thiam au poste de président délégué par le président intérimaire montre qu’il a quitté la tête du PDCI-RDA tout en y restant, observe le politologue, ajoutant que le parti, face à l’adversité politico-judiciaire, s’inscrit désormais dans une logique de « stratégie politique ».
Bien que radié de la liste électorale, Tidjane Thiam, candidat désigné du PDCI-RDA à la présidentielle d’octobre prochain n’a pas renoncé à sa volonté de briguer la magistrature suprême. Dans la foulée de sa démission, il a été nommé « président délégué ».
Directement rattaché au président par intérim du parti. Il a pour rôle d’assister ce dernier dans tous les aspects de la gestion et de la direction du PDCI-RDA, comme le stipule la décision de sa nomination.
« En quittant la présidence du parti, tout en acceptant le poste de président délégué sous l’autorité d’un président intérimaire, il ne se retire pas : il se repositionne », estime un cadre du parti, selon qui c ‘est une forme « d’anticipation qui lui permet, en cas d’empêchement, d’assurer la continuité du parti sans créer de vide à sa tête ». Un Bureau politique extraordinaire a été convoqué ce 12 mai à la Maison du parti à Cocody.
E.K.