Un ancien diplomate bientôt jugé devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour son implication dans les décisions ayant mené à l’assassinat de Patrice Lumumba ?
C’est la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles qui vient de rendre sa décision et elle suit les réquisitions des avocats de la famille Lumumba, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.
Pour eux, les faits reprochés à Étienne Davignon sont un crime de guerre imprescriptible, car il a participé à « une entreprise criminelle commune » et les preuves écrites sont là, à savoir des télex diplomatiques. Le procureur avait auparavant requis un procès en correctionnelle « pour tortures et traitements inhumains et participation à un crime de guerre ».
Étienne Davignon, devenu par la suite commissaire européen, était en 1961 attaché au ministère des Affaires étrangères, c’est-à-dire diplomate stagiaire en quelque sorte. Au moment du dépôt de la plainte en 2011, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’assassinat de Patrice Lumumba, neuf autres Belges étaient aussi visés, dont six encore en vie mais qui sont décédés entre-temps.
Diplomates, policiers, militaires : ils étaient tous liés d’une manière ou d’une autre au soutien de la Belgique à la sécession menée par le Katanga, province où Patrice Lumumba a été assassiné. Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 93 ans, est le seul survivant, 65 ans après les faits.
RFI