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Le football africain vient de franchir un nouveau cap sur la scène mondiale. À l’issue de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, neuf des dix sélections africaines engagées ont obtenu leur qualification pour les seizièmes de finale. Une première dans l’histoire du tournoi qui témoigne de la progression des nations du continent, désormais plus compétitives face aux grandes puissances du football mondial. Seule la Tunisie, battue lors de ses trois rencontres de groupe, n’est pas parvenue à poursuivre l’aventure.
Cette réussite répond en partie aux ambitions affichées depuis plusieurs années par le président de la Fifa, Gianni Infantino. Lors de l’annonce de l’élargissement du Mondial à 48 équipes, le dirigeant suisse avait affirmé vouloir offrir davantage d’opportunités aux sélections africaines de briller sur la plus grande scène du football. Les résultats de cette édition semblent lui donner raison.
Si le bilan est exceptionnel sur le plan comptable, il mérite toutefois quelques nuances. Aucune des neuf équipes africaines qualifiées n’a terminé en tête de son groupe. Cinq sélections, à savoir l’Afrique du Sud, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert et le Maroc, ont décroché leur billet en terminant à la deuxième place. Les quatre autres, la Rd Congo, le Ghana, le Sénégal et l’Algérie, ont profité du nouveau système de qualification qui repêche les meilleurs troisièmes de chaque groupe. L’élargissement du tournoi a donc incontestablement favorisé la présence africaine en phase à élimination directe. Mais il ne faut pas réduire cette réussite au seul changement de format. Plusieurs sélections ont affiché un niveau de jeu solide et une réelle capacité à rivaliser avec des adversaires de premier plan tout au long du premier tour.
Si la Fifa peut se réjouir d’une Coupe du monde plus ouverte et plus représentative, le nouveau format ne fait pas l’unanimité dans le monde du football. Le sélectionneur portugais du Ghana, Carlos Queiroz, s’est montré particulièrement critique après la défaite des Black Stars face à la Croatie (2-1), samedi, un revers sans conséquence puisque son équipe s’est tout de même qualifiée pour le tour suivant. « Je pense qu’avec le nombre d’équipes, la Coupe du monde perd beaucoup de sa valeur et de sa signification. Participer à une Coupe du monde doit rester quelque chose de rare », a déclaré le technicien de 73 ans. Présent sur son sixième Mondial en tant que sélectionneur après les éditions 2002, 2010, 2014, 2018 et 2022, Queiroz estime également que les éliminatoires perdent de leur intérêt. « Même les qualifications en Europe et en Afrique perdent leur sens parce qu’il y a trop de places. Aujourd’hui, c’est l’argent qui parle. On n’appelle plus cela du football, mais du « moneyball ». Moi, je préfère voir la Coupe du monde comme un événement exceptionnel pour lequel il faut se battre », fait-il remarquer.
Au-delà des débats sportifs, l’élargissement de la Coupe du monde répond aussi à des objectifs économiques. Avec 48 équipes participantes et un nombre record de rencontres, la Fifa prévoit de générer près de 11 milliards de dollars de recettes au cours de cette édition 2026.
Entre performances sportives, retombées financières et ouverture à un plus grand nombre de nations, cette nouvelle formule marque un tournant dans l’histoire de la Coupe du monde. Reste désormais aux représentants africains à transformer cette qualification historique en un parcours encore plus ambitieux dans les matches à élimination directe.
Eric KOUAKOU