Kimi n’a pas tremblé. En huitièmes, elle sort une Serbe sans bavure. En quarts, elle écarte une Coréenne pourtant favorite. En demie, elle s’impose face à la Turque Sude Yaren Uzuncavdar avec autorité. En finale, dans un combat difficile face à la Belge Sarah Chaâri, médaillée de bronze aux JO de Paris 2024 et championne d’Europe en 2024, elle s’est inclinée (3-2, 8-12, 5-3) de justesse après un duel de haut niveau. Chez les hommes, Angaman Médéric (-87 kg) a fait belle impression. Pour sa première participation mondiale, il bat le Chypriote Theocharous avant de céder face à l’Égyptien Seif Eissa, référence mondiale de la catégorie. Un baptême du feu encourageant pour le jeune Éléphant, encore en apprentissage.
Même absent des tatamis, le champion olympique Cissé Cheick Sallah a pesé dans l’esprit du groupe. Présent à Wuxi comme président de la commission des athlètes de la World Taekwondo, il a tenu à soutenir ses coéquipiers malgré son forfait médical. Sur Facebook, le 8 octobre, il expliquait : « J’aurais aimé défendre mon titre, mais cette décision médicale s’inscrit dans une logique de préservation. Je reste de cœur avec l’équipe nationale. Force à nos champions ! ». Sous la houlette des coachs Thierry Koné et Ami Doumbia, les Éléphants du Taekwondo montrent un visage conquérant. L’équipe compte de solides talents : Ruth Gbagbi, Issa Diakité, Astan Bathily, Ariel Abongni, Angaman Médéric, Dje Nouria Roscane, et bien sûr la star du moment, Ossin Kimi Laurène.
La Côte d’Ivoire confirme avec cette médaille mondiale, qu’elle reste une puissance du taekwondo mondial, neuf ans après le sacre olympique de Cissé Cheick à Rio 2016. « Kimi, c’est la flamme qui rallume le rêve ivoirien », commente un officiel fédéral. Wuxi 2025 restera dans l’histoire comme le tournoi où la nouvelle reine ivoirienne du taekwondo a pris son envol.
Eric KOUAKOU