Selon la presse israélienne, Benyamin Netanyahou s’apprête à officialiser l’occupation intégrale de l’enclave. Les mots sont clairs : Tsahal ira partout, y compris dans les zones où se trouvent les otages, sacrifiant toute perspective de négociation pour un objectif unique, contrôler Gaza, mètre par mètre.
La “sécurité” comme paravent
Le discours officiel se drape dans les oripeaux de la sécurité nationale. Mais il s’agit du vieux langage des empires coloniaux, celui qui justifiait la conquête et la dépossession au nom d’un “ordre” imposé. Ici, “sécurité” signifie blocus permanent, checkpoints, surveillance totale, destruction des infrastructures vitales et dépendance forcée à l’égard de l’occupant.
La vérité est brutale : Israël ne vise pas la paix, mais la reddition inconditionnelle d’un peuple. Et ce peuple, ce sont les Palestiniens, qui paient déjà le prix le plus lourd en vies humaines, en dignité et en liberté.
Gaza comme laboratoire colonial
Depuis des années, Gaza sert de laboratoire aux politiques d’enfermement et de contrôle. L’occupation totale ne ferait qu’institutionnaliser un système déjà dénoncé par de nombreuses ONG comme relevant de l’apartheid. Un territoire sans souveraineté, administré par la force militaire, vidé de toute capacité d’autodétermination : voilà le futur que Netanyahou entend graver dans le marbre. Et que l’on ne s’y trompe pas : une fois Gaza sous contrôle total, ce modèle sera reproduit, consolidé, puis légitimé par la force des faits accomplis, comme cela a été le cas en Cisjordanie avec la colonisation rampante.
Un choix moralement indéfendable
L’occupation de Gaza n’est pas une fatalité militaire, c’est un choix politique. Un choix qui bafoue le droit international, qui foule aux pieds les résolutions de l’ONU, et qui inscrit Israël dans la lignée des puissances coloniales du XXe siècle. Celles qui ont cru qu’on pouvait effacer un peuple par la force, jusqu’au jour où la résistance a brisé leurs chaînes.
Netanyahou et ses alliés savent que l’occupation n’apportera pas la paix. Ils savent qu’elle nourrira la colère, la résistance et le cycle de la violence. Mais ils parient sur l’épuisement du monde, sur la lassitude des opinions publiques, et sur la complicité silencieuse de ceux qui détournent les yeux.
Face à ce projet, le silence n’est pas une option. Le soutien aveugle à cette politique coloniale, qu’il soit diplomatique, économique ou militaire, fait de ses complices les co-auteurs de la tragédie qui se joue. Gaza n’a pas besoin d’être “pacifiée” par les chars, mais libérée du joug de l’occupation. C’est le seul chemin vers une paix réelle, juste et durable. Tant que ce projet colonial continuera, il n’y aura ni sécurité pour Israël, ni liberté pour la Palestine.
Eric KONAN