Selon plusieurs sources concordantes, la commission de discipline de la Caf s’est officiellement saisie du dossier. La Fédération sénégalaise de football (Fsf) est directement visée après la sortie temporaire de l’équipe nationale du terrain, intervenue dans le temps additionnel de la seconde période. Dans le collimateur de la Fédération royale marocaine de football (Frmf), qui a annoncé avoir saisi la Caf et la Fifa, la Fsf s’expose à un avertissement assorti d’une amende pouvant atteindre 300 000 dollars (environ 257 000 euros).
Dans un communiqué, la Frmf estime que la contestation sénégalaise de la décision arbitrale (l’octroi d’un penalty au Maroc à la 90e+7) a gravement perturbé le déroulement normal de la rencontre. La fédération marocaine considère cette décision « juste selon l’unanimité des experts » et dénonce une tentative de pression collective sur l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, d’autant plus marquante que le penalty a finalement été manqué par Brahim Díaz.
Le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, apparaît comme le principal exposé aux sanctions individuelles. Pour avoir incité ses joueurs à quitter la pelouse avant de les faire revenir après une interruption d’environ quinze minutes, le technicien de 44 ans risque une suspension d’au moins quatre matchs, assortie d’une amende estimée à 10 000 dollars (environ 8 500 euros).
Ce geste faisait suite à la colère du banc sénégalais après un but refusé aux Lions de la Teranga quelques minutes avant le penalty sifflé en faveur du Maroc. Une décision arbitrale jugée injuste par le staff sénégalais, mais qui ne saurait, aux yeux de la Caf, justifier une telle réaction. Conscient de la gravité de la situation, Pape Thiaw a présenté ses excuses après la rencontre. « Après réflexion, je n’ai pas du tout apprécié d’avoir demandé à mes joueurs de sortir. Je m’excuse pour le football. On a réagi à chaud. On n’aurait pas dû le faire », a-t-il reconnu au micro de beIN Sports.
Dans un communiqué officiel, la Caf a condamné « le comportement inacceptable de certains joueurs et officiels » lors de cette finale et confirmé l’ouverture d’une enquête disciplinaire. « La Caf examine toutes les images et soumettra l’affaire aux instances compétentes afin que des mesures appropriées soient prises à l’encontre des personnes reconnues coupables », a déclaré l’instance continentale, rappelant son attachement au respect de l’arbitrage et à l’esprit du jeu.
Au-delà des sanctions attendues, cette finale chaotique laisse des traces durables. Longtemps marquées par des relations cordiales, les interactions entre les fédérations marocaine et sénégalaise pourraient entrer dans une phase plus tendue, entre procédures disciplinaires, contentieux potentiels et ressentiments populaires. Alors que le Sénégal savoure son deuxième titre continental, l’après-Can s’annonce déjà judiciaire. Reste désormais à savoir jusqu’où la Caf ira dans ses sanctions et si le terrain juridique ne deviendra pas, à son tour, un nouveau champ de confrontation post-Can.
Axel KONE