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Le refus de Washington n’est pas totalement une surprise. Le gouvernement Trump s’était déjà opposé à un communiqué prônant une IA « durable et inclusive », et l’administration actuelle semble poursuivre dans cette voie. De son côté, Downing Street a justifié son refus en expliquant que la déclaration ne correspondait pas à ses ‘intérêts nationaux’.
Malgré ce rejet, la déclaration a été signée par 61 pays, parmi lesquels la Chine, l’Inde et l’Union européenne. Ce texte vise à promouvoir une IA « ouverte à tous, inclusive, transparente, éthique, sûre, sécurisée et digne de confiance ».
Dans un article publié aux États-Unis, le Wall Street Journal souligne que ce refus constitue « un revers majeur pour l’ambition du sommet de bâtir un consensus international autour de cette nouvelle technologie ». L’absence de deux acteurs majeurs du secteur affaiblit en effet la portée de l’initiative et illustre la fragmentation croissante des approches nationales en matière de gouvernance de l’IA.
Comme le note le Times, ce rejet n’est pas qu’une simple divergence diplomatique. Il reflète une opposition idéologique plus profonde entre certaines puissances et la vision défendue par la France et l’Union européenne. Dans ce contexte, les prochains mois seront décisifs pour évaluer si un terrain d’entente peut encore être trouvé ou si l’IA deviendra un nouvel enjeu de rivalité géopolitique.
Le sommet de Paris sur l’intelligence artificielle a vu s’affronter deux visions du monde, les Etats-Unis appelant à limiter la régulation pour « ne pas tuer une industrie en plein essor » qu’ils dominent et ne signant pas l’appel sur une IA « ouverte », « inclusive » et « éthique ». ainsi que l’Union européenne et la Commission de l’Union africaine, se sont prononcés pour une coordination renforcée de la gouvernance de l’IA et ont appelé à éviter « une concentration du marché » afin que cette technologie soit plus accessible. Une vision très éloignée de celle défendue par les Etats-Unis qui, comme le Royaume-Uni, ne figurent pas parmi les signataires de cette déclaration, rassemblant des principes partagés de régulation, un thème maintes fois abordé lors de ce sommet.
Le gouvernement britannique a fait savoir qu’il ne souhaitait adhérer « qu’à des initiatives qui sont dans l’intérêt national du Royaume-Uni ». A rebours d’une Europe voulant aller plus vite tout en définissant un cadre à l’essor de l’IA, il a souhaité faire « tous les efforts possibles pour encourager les politiques pro-croissance » en la matière.
« Les Etats-Unis sont les leaders dans l’IA et notre administration entend qu’ils le restent », a-t-il souligné, quelques heures après la publication d’informations sur une offre non sollicitée d’Elon Musk, sur la start-up OpenAI, à l’origine de ChatGPT.
Selon le Wall Street Journal, le milliardaire proche de Trump (qui dispose déjà de sa propre start-up d’IA générative, xAI, lancée en 2023) veut, avec un groupe d’investisseurs, racheter l’organisation à but non lucratif qui contrôle OpenAI pour 97,4 milliards de dollars.
« Il essaie probablement de nous ralentir. C’est évidemment un concurrent », a déclaré à Bloomberg TV Sam Altman, le patron d’OpenAI qui avait adressé une fin de non-recevoir lundi soir à Elon Musk.
Cinews.ci avec le Times