|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
« Je pense que la réaction à ce sujet est nulle, elle a été zéro », a déclaré, à propos de ses partenaires occidentaux, M. Zelensky dans cet entretien accordé à la chaîne sud-coréenne KBS. Durant cette entrevue, le président ukrainien a estimé que si la réaction occidentale reste inexistante, « alors le nombre de troupes nord-coréennes à nos frontières va croître ».
Dans un même temps, le président Zelensky a souligné le « silence de la Chine » face aux accords conclus entre Moscou et Pyongyang. « Je ne dis pas que la Chine est dans notre camp, en revanche elle est l’un des garants de la sécurité » de l’Asie, a déclaré le président.
Début octobre, le président ukrainien a présenté son « plan de victoire » aux dirigeants européens. Mais il fait face à un accueil mitigé, malgré certaines déclarations encourageantes. Après l’avoir dévoilé en privé à plusieurs chefs d’Etat puis mercredi au parlement ukrainien, c’est à Bruxelles que Volodymyr Zelensky est venu présenter. Il l’a fait lors du sommet européen des 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE puis devant les 32 ministres de la Défense de l’OTAN. Il est rentré les mains vides de sa tournée en Europe, et personne. Le président Volodymyr Zelensky avait parcouru les capitales Londres, Paris et Rome, après un passage au Saint-Siège (Vatican).
Pendant ce temps, l’armée russe poursuit sa progression. Les troupes de Vladimir Poutine ont progressé de 478 km² dans le territoire ukrainien depuis le début du mois d’octobre. La région de Donetsk, important point stratégique et logistique, concentre à elle seule les deux tiers des progressions russes du mois d’octobre, soit 324 km². Une avancée qui illustre les difficultés rencontrées par l’armée ukrainienne dans l’est du pays, face à une armée russe avec de plus grands effectifs et mieux armée.
La progression russe ronge le moral ukrainien
La progression russe ronge le moral ukrainien. Elle est constante. Depuis plusieurs semaines, l’armée russe avance sur plusieurs points du front ukrainien et grignote du territoire, augmentant les doutes sur la capacité de Kiev à renverser la tendance. L’armée de Vladimir Poutine a ainsi progressé de 478 km² en territoire ukrainien depuis début octobre, son gain territorial le plus important sur un mois depuis les premières semaines de la guerre.
Récemment, l’armée russe a revendiqué la conquête du village de Krougliakivka, dans la région de Kharkiv, dans le nord-est du pays. Et, forcément, la progression russe ronge petit à petit le moral ukrainien. Kiev souffre pour recruter, d’autant que la désorganisation de son armée et la corruption facilitent désertions et refus d’engagement.
Les chefs des diplomaties russe et nord-coréenne, Sergueï Lavrov et Choe Son Hui, se sont rencontré mercredi à Moscou. Pyongyang restera aux côtés de la Russie jusqu’à sa «victoire» en Ukraine, a assuré la cheffe de la diplomatie nord-coréenne depuis Moscou. « Il n’y a pas de doute que sous la direction avisée de l’éminent président russe, Vladimir Poutine, l’armée et le peuple russes remporteront une grande victoire (…) Nous réaffirmons que nous resterons toujours fermement aux côtés de nos camarades russes jusqu’au jour de la victoire », a déclaré Choe Son Hui. Sergueï Lavrov a salué la coopération militaire et des services de sécurité des deux pays.
« Le gouvernement Zelensky, face à la lassitude de la guerre dans les populations civiles, peine à mobiliser », confirme un responsable militaire français sous couvert de l’anonymat. Kiev a annoncé mardi une nouvelle mobilisation de 160.000 hommes, notamment face à la crainte d’un déploiement de troupes nord-coréennes, pour regarnir les rangs de l’armée à hauteur de 85 %.
Volodymyr Zelensky a accusé ses partenaires occidentaux de traîner et de retarder les livraisons de missiles à longue portée, sur fond de débat sur leur utilisation contre la Russie.
Le président ukrainien veut également « convaincre » les Occidentaux « de la nécessité d’abattre les missiles et les drones russes ». « Nous sommes conscients qu’il s’agit d’une décision difficile » et qu’« ils ne sont pas encore prêts », a-t-il concédé. Volodymyr Zelensky a néanmoins cité la situation d’Israël qui a été aidé par ses alliés lorsqu’il a été ciblé par des missiles iraniens.
Les Occidentaux sont réticents à employer de tels moyens, de peur d’une escalade avec Moscou pouvant mener à un conflit direct avec la Russie, puissance nucléaire majeure.
J.F.PAGNI