Désormais, contrairement à ce qui prévalait dans de nombreuses compétitions internationales, la différence générale de buts ne constitue plus le premier critère de départage. La priorité est accordée aux confrontations directes entre les équipes concernées.
Concrètement, lorsqu’à l’issue des trois matchs de poule deux sélections affichent le même nombre de points, c’est d’abord le résultat de leur duel qui détermine leur classement. Une évolution qui pourrait avoir des conséquences importantes pour plusieurs nations, notamment la Côte d’Ivoire.
Dans le groupe E, les Éléphants ont été battus par l’Allemagne (2-1) lors de leur deuxième sortie. Cette défaite pourrait peser lourd au moment du décompte final. En effet, si Ivoiriens et Allemands terminaient la phase de groupes avec le même total de points, les Allemands seraient automatiquement classés devant grâce à leur victoire lors de la confrontation directe, même dans l’hypothèse où la Côte d’Ivoire disposerait d’une meilleure différence de buts globale. Cette nouvelle disposition renforce davantage l’importance de chaque duel direct et réduit considérablement la marge de manœuvre des équipes qui espèrent se refaire grâce à de larges victoires lors des autres rencontres.
Si les équipes concernées ont fait match nul lors de leur confrontation directe ou si plusieurs sélections sont impliquées dans une égalité complexe, la Fifa applique alors une série de critères complémentaires. Sont examinés successivement : le plus grand nombre de buts inscrits ; le classement au fair-play, calculé à partir des cartons jaunes et rouges reçus ; et, en dernier recours, le classement mondial de la Fifa. Cette ultime éventualité reste toutefois extrêmement rare dans les compétitions internationales.
Les effets de cette réforme se font déjà sentir dans plusieurs groupes. Certaines équipes, comme la Turquie et Haïti, ont vu leurs chances de qualification fortement compromises après deux défaites consécutives contre leurs concurrents directs. Avec l’ancien système, elles auraient pu espérer compenser ces revers grâce à une meilleure différence de buts lors de la dernière journée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
La Turquie, notamment, s’est inclinée face à l’Australie et au Paraguay, deux adversaires directs dans la course à la qualification derrière les États-Unis. Ces résultats pèsent désormais davantage que n’importe quel éventuel succès lors du dernier match.
Avantage stratégique pour les leaders
La nouvelle réglementation profite également aux équipes déjà qualifiées. Le Mexique, leader du groupe A, en est un parfait exemple. Malgré la possibilité mathématique d’être rejoint au classement par la Corée du Sud, les Mexicains conserveront leur avance grâce à leur victoire 1-0 obtenue face aux Sud-Coréens le 19 juin. Même si les Guerriers Taegeuk terminaient avec une meilleure différence de buts générale, ils resteraient derrière El Tri. Résultat : le pays hôte peut aborder son dernier match contre la République tchèque avec davantage de sérénité et même procéder à une large rotation de son effectif.
Cette édition 2026 comporte une autre particularité majeure : les huit meilleurs troisièmes de la phase de groupes accèdent également au tour suivant. Dans cette configuration, la comparaison s’effectue entre des équipes qui ne se sont pas affrontées. Le critère des confrontations directes devient alors inapplicable.
La Fifa revient donc aux critères plus classiques, à savoir la meilleure différence de buts obtenue lors du premier tour, le plus grand nombre de buts marqués, le meilleur bilan disciplinaire au fair-play. Pour des sélections comme la Côte d’Ivoire, chaque but inscrit et chaque carton évité pourraient ainsi avoir une importance capitale dans la course à la qualification.
Assurément, dans la dernière journée de la phase de groupes, cette nouvelle règle promet de multiplier les scénarios et les calculs. Elle oblige les équipes à privilégier les résultats obtenus face à leurs concurrents directs plutôt que de compter uniquement sur leur différence de buts. Pour les Éléphants, l’objectif est de battre Curaçao et éviter autant que possible les calculs complexes. Car dans ce Mondial 2026 déjà riche en surprises, un simple détail réglementaire pourrait faire basculer le destin de plusieurs nations.
Axel KONE