L’image d’un agent des forces de l’ordre plaquant un élève au sol a fait le tour des réseaux sociaux ce 21 octobre, tout comme l’annonce erronée de sa mort. Les autorités ivoiriennes ont démenti ce mardi l’information circulant sur les réseaux sociaux selon laquelle un élève de sixième aurait été étranglé et serait décédé à Niablé, dans l’est de la Côte d’Ivoire.
« Cette information est totalement fausse », a clarifié le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, à travers sa plateforme Alertes 100. La photo qui circule, rappelle-t-il, a été prise au collège des professeurs (MEA) de Niablé, lors d’une opération de sécurisation des établissements scolaires. « Cette manœuvre visait à déposséder un élève de pierres et d’un gourdin. Après une brève interpellation, il a été relâché et est sain et sauf », a précisé le ministère.
Ces incidents surviennent à quelques jours de la présidentielle du 25 octobre, dans un contexte de forte tension politique. Depuis le 11 octobre, plusieurs villes connaissent des manifestations et affrontements entre forces de l’ordre et citoyens, souvent autour de barrages ou de tentatives de bloquer les cours dans certains établissements. L’opposition évoque « au moins quatre morts » depuis le début des manifestations, dont un nourrisson. Le gouvernement a confirmé la mort du sous-lieutenant Daniogo Klenon Lassina, tué à Agboville lors d’une opération de maintien de l’ordre.
La contestation est alimentée par le rejet de plusieurs candidatures d’opposition par le Conseil constitutionnel, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, tandis que la candidature d’Alassane Ouattara a été validée pour un quatrième mandat. L’opposition conteste la décision, estimant qu’elle viole l’esprit de la Constitution de 2016, tandis que le pouvoir soutient que la révision constitutionnelle a « remis à zéro les compteurs ».
Le Front commun PPA-CI–PDCI appelle à poursuivre les mobilisations « pour la démocratie, la justice et la paix », tandis que les autorités ont interdit toute manifestation contestataire. Le gouvernement exhorte la population à « rester calme, responsable et unie » et promet fermeté contre les auteurs de violences.
E.KOUAKOU