Getting your Trinity Audio player ready...

« Je n’ai pas l’âme de fuyard, je n’ai pas l’âme d’un traître, je n’ai pas l’âme de quelqu’un qu’on intimide », a lancé M. Pickass dans une déclaration relayée par les médias proches de l’opposition. « À partir de maintenant, nous entrons dans la phase décisive de ce combat », a-t-il poursuivi, appelant les Ivoiriens à « occuper pacifiquement les rues » à Abidjan et dans les principales villes du pays.

Cet appel intervient alors que plusieurs manifestations ont déjà été organisées depuis le 11 octobre, date du premier rassemblement du Front commun, une coalition regroupant plusieurs partis et mouvements hostiles à la candidature du chef de l’État. Les marches, souvent dispersées par les forces de l’ordre, ont conduit à de nombreuses interpellations à Abidjan, Bonoua et Daloa, selon les organisations de la société civile.

Damana Pickass, ancien secrétaire général du PPA-CI et proche de l’ex-président Laurent Gbagbo, a également invité les travailleurs, les jeunes et « tous les démocrates » à se mobiliser « dans la discipline et l’esprit républicain ». Il a insisté sur le caractère légal du mouvement : « Vous n’enfreignez pas la loi, vous exercez un droit constitutionnel. »

Depuis l’annonce officielle de sa candidature, le président Ouattara, au pouvoir depuis 2011, fait face à une opposition de plus en plus déterminée. Ses adversaires dénoncent une « confiscation du pouvoir » et un « quatrième mandat illégal », estimant que la Constitution de 2016 limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Le pouvoir, de son côté, soutient que la réforme constitutionnelle a « remis les compteurs à zéro ».

Dans ce contexte, les mots de Damana Pickass sonnent comme un appel à la résistance civile. « Nous sommes si proches de la victoire et de la délivrance », a-t-il assuré, exhortant ses partisans à ne pas céder à la peur. « La balle est dans notre camp, le salut de ce pays dépend de notre détermination », a-t-il ajouté.

Les autorités ont prévenu que toute manifestation non autorisée serait dispersée, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. La marche du Front commun s’inscrit dans une dynamique de protestation plus large menée par les partis d’opposition, dont le FPI de Pascal Affi N’guessan, le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, et le GPS de Guillaume Soro, qui réclament un processus électoral transparent et l’ouverture du jeu démocratique.

Alors que la campagne présidentielle bat son plein, l’appel du Front commun pourrait marquer un tournant dans une séquence politique déjà tendue, où la rue s’impose de plus en plus comme le théâtre de la contestation.

Axel KONE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *