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Les circonstances précises de cette libération n’avaient pas encore été officiellement détaillées ce lundi. Cette décision met toutefois fin à près de onze mois de détention pour cette figure historique du camp pro-Gbagbo.
Moïse Lida Kouassi avait été placé sous mandat de dépôt le 11 août 2025 par la section antiterroriste du tribunal d’Abidjan. Son arrestation était intervenue dans un contexte de tensions et de violences urbaines survenues quelques jours plus tôt dans la commune de Yopougon.
Les autorités judiciaires lui reprochaient notamment des faits qualifiés d’actes terroristes, de participation à un mouvement insurrectionnel, de complot contre l’autorité de l’État ainsi que des dégradations et incendies volontaires de véhicules.
Âgé de 70 ans, Moïse Lida Kouassi est l’une des personnalités les plus connues de la gauche ivoirienne. Enseignant-chercheur en études germaniques à l’université de Cocody et titulaire d’un doctorat en science politique, option défense et stratégie générale, obtenu à l’université de Strasbourg, il s’est d’abord illustré dans le syndicalisme universitaire avant de rejoindre le Front populaire ivoirien (FPI) lors de sa création en 1990.
Proche collaborateur de Laurent Gbagbo, il a occupé le portefeuille stratégique de la Défense après l’arrivée au pouvoir de ce dernier en 2000. Il a également siégé à l’Assemblée nationale en tant que député.
La relation entre Moïse Lida Kouassi et la justice ivoirienne s’inscrit dans une histoire politique marquée par plusieurs épisodes judiciaires depuis la crise postélectorale de 2010-2011. Après avoir quitté la Côte d’Ivoire pour le Togo, il avait été arrêté à Lomé en juin 2012 avant d’être extradé vers Abidjan.
Poursuivi pour des faits liés à une tentative présumée de déstabilisation du pouvoir en place, il avait été condamné le 18 janvier 2018 à quinze ans de prison ferme pour complot contre l’autorité de l’État. Quelques mois plus tard, le 8 août 2018, il avait retrouvé la liberté grâce à l’ordonnance d’amnistie générale signée par le président Alassane Ouattara.
Sa remise en liberté, ce 6 juillet 2026, intervient huit mois après l’investiture du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat et alors que le débat sur la nouvelle gouvernance électorale proposée par les autorités continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique ivoirienne.
J.F.PAGNI