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Introduite en Côte d’Ivoire en 2003, l’escrime a rapidement séduit des jeunes désireux de découvrir une discipline exigeante, alliant technique, concentration et respect. Les premières formations ont été organisées à Dakar, avant que quatre équipes ivoiriennes voient le jour. Dès lors, la fédération a multiplié les efforts pour bâtir une structure solide.
En 2016, la Côte d’Ivoire a marqué l’histoire en se qualifiant pour les Jeux Olympiques de Rio. C’était une première pour le pays. Huit ans plus tard, en 2024, une nouvelle qualification a confirmé que l’escrime ivoirienne n’était pas un simple feu de paille, mais un projet en marche.
Le chemin n’a pourtant pas été sans obstacles. Le manque de moyens financiers, l’absence de sponsors, et les difficultés liées à l’achat de matériel, comme les masques, ont freiné la progression. En 2022, la fédération a même perdu un tiers de ses athlètes. Mais la passion reste intacte. Lors des Championnats d’Afrique au Nigeria, la délégation ivoirienne, composée de seulement sept athlètes faute de budget, a décroché deux médailles : une en argent et une en bronze.
Deux noms symbolisent aujourd’hui cette relève : Esteban, 35e au classement mondial et deuxième Africain de sa catégorie. Tahir, ancienne membre de l’équipe de France, qui a choisi de représenter la Côte d’Ivoire et a remporté une médaille de bronze au championnat continental. Leur parcours illustre l’ambition d’une discipline qui attire aussi bien les jeunes issus de milieux modestes que des étudiants internationaux curieux de rejoindre « l’esprit escrime » ivoirien.
Objectif : faire briller la Côte d’Ivoire
Du 31 mai au 6 juin 2026, la Côte d’Ivoire organisera la 24e édition du Championnat d’Afrique d’Escrime sous l’égide de la Fédération internationale d’Escrime (FUE), une reconnaissance du travail accompli. Mais face à des géants comme l’Égypte, qui compte plus de 10 000 licenciés, les Ivoiriens devront redoubler d’efforts. Actuellement, la fédération ne regroupe que 400 licenciés. Lors d’une conférence de presse le mardi 30 septembre 2025, au Centre culturelle sportif ivoiro-coréen Alassane Ouattara (Cscticao), à Cocody-Lycée technique, le président de la Fédération, Zadi Théodore a rappelé que la Côte d’Ivoire dispose des moyens humains. « Nous avons des athlètes talentueux. Ce qu’il nous manque, ce sont les sponsors et un véritable soutien pour structurer notre sport, comme cela a été fait pour le taekwondo », a-t-il indiqué. La Côte d’Ivoire classée 5e africain compte 10 internationaux (5 athlètes internationaux et 5 locaux).
Selon M. Zadi, l’escrime ivoirienne a aujourd’hui besoin de reconnaissance et d’appuis financiers pour franchir un cap. « La fédération travaille à intégrer des jeunes déscolarisés, leur offrant discipline et perspectives. Mais seule, elle ne peut pas porter ce projet à grande échelle », a-t-il fait remarquer.
Alors que le prochain championnat d’Afrique approche, l’escrime ivoirienne est prête. « Avec votre soutien, nous pouvons écrire une nouvelle page de l’histoire sportive du pays », a rassuré le président Zadi qui précise que la fédération veut que la Côte d’Ivoire brille à ce championnat, non seulement par ses performances sportives, mais aussi par son organisation et son image. « Pour cela, nous avons besoin de vous. L’escrime ivoirienne est prête à écrire une nouvelle page de son histoire. Donnons-lui les moyens de réussir », a déclaré M. Zadi qui lance un appel solennel aux autorités, aux entreprises, et à tous ceux qui croient en la jeunesse ivoirienne : « accompagnez-nous. Ensemble, faisons de l’escrime un sport reconnu, structuré et respecté, à l’image du taekwondo qui aujourd’hui honore notre pays ».
A.KONE