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La situation est tendue en Syrie. Selon des témoins, plusieurs drones ont survolé dans la matinée la capitale et l’armée israélienne a déclaré avoir bombardé l’entrée du quartier général de l’armée à Damas. Les frappes ont fait trois morts et 34 blessés, selon un nouveau bilan du ministère syrien de la Santé. L’armée israélienne a dit également avoir frappé une « cible militaire » dans la zone du palais présidentiel.
Les autorités syriennes ont annoncé de nouvelles frappes israéliennes mercredi soir sur les environs de Damas, après avoir visé le quartier général de l’armée syrienne et les environs du palais présidentiel au cœur de la capitale. Cette fois, les raids « ont visé les environs de l’aéroport militaire de Mazzé », un secteur « où se trouvent des dépôts de munitions », a indiqué une source au ministère syrien de l’Intérieur à l’AFP.
Les États-Unis se disent « très préoccupés » par les frappes israéliennes en Syrie et veulent que les combats cessent, a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio. « Nous discutons avec les deux parties, toutes les parties concernées, et nous espérons que nous pourrons parvenir à une conclusion, mais nous sommes très préoccupés », a-t-il affirmé au côté de son homologue de Bahreïn, ajoutant « nous voulons que les combats cessent ».
« Nous nous sommes engagés avec eux tout au long de la matinée et de la nuit, avec les deux parties, et nous pensons que nous sommes sur la voie d’une véritable désescalade », a affirmé M. Rubio dans le Bureau ovale aux côtés du président Donald Trump et du prince héritier de Bahreïn. « Dans les prochaines heures, nous espérons voir de réels progrès », a-t-il encore dit, évoquant « des rivalités historiques, de longue date, entre différents groupes du sud-ouest de la Syrie, les Bédouins, la communauté druze, et cela a conduit à une situation malheureuse et à un malentendu, semble-t-il, entre la partie israélienne et la partie syrienne ».
Washington appelle le gouvernement syrien à retirer ses troupes de la zone de conflit
Après la déclaration de Marco Rubio, c’est le porte-parole du département d’État Tammy Bruce qui s’est exprimé en appelant le gouvernement syrien à quitter la zone de conflit dans le sud du pays afin d’apaiser les tensions avec Israël.
« Nous demandons au gouvernement syrien de retirer son armée afin de permettre à toutes les parties de désamorcer la situation et de trouver une solution », a déclaré la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, à la presse, sans préciser la zone exacte où le retrait devrait avoir lieu.
Le chef de la diplomatie américaine a indiqué que les parties impliquées dans les affrontements en Syrie sont convenues de « mesures spécifiques » pour mettre fin aux violences. « Nous nous sommes mis d’accord sur des mesures spécifiques qui permettront de mettre fin à cette situation troublante et terrifiante dès ce soir », a écrit le secrétaire d’État américain sur le réseau X, disant attendre à présent que « toutes les parties tiennent leurs engagements ».
L’Union européenne « exhorte Israël à cesser immédiatement ses frappes » en Syrie, a souligné un porte-parole de la Commission mercredi soir. « Nous exhortons Israël à cesser immédiatement ses frappes sur le territoire syrien, y compris sur des institutions clés à Damas, qui mettent en danger la vie des civils et risquent de compromettre la transition en Syrie », a déclaré ce porte-parole de l’UE, Anouar El Anouni, auprès de l’AFP.
L’armée israélienne a annoncé dans la journée l’envoi de renforts à la frontière avec la Syrie, notamment une des divisions opérant à Gaza. « L’une des divisions (…) opérant actuellement à Gaza (…) se prépare à être déployée à notre frontière nord avec la Syrie », a déclaré le responsable militaire aux journalistes lors d’un point presse. La situation est très volatile, comme si Israël et la Syrie se dirigeaient vers une confrontation ouverte et directe.
Israël a dit agir « de manière responsable » et avec « retenue » en Syrie. « Les commandants et les soldats agissent de manière responsable et avec retenue », a déclaré le chef d’état-major Eyal Zamir lors d’une visite dans la partie du plateau du Golan syrien occupée par Israël, à la frontière avec la Syrie.
La Syrie a dénoncé « l’escalade dangereuse » d’Israël « La Syrie tient Israël entièrement responsable de cette escalade dangereuse et de ses conséquences », affirme un communiqué du ministère des Affaires étrangères, selon lequel les bombardements ont visé « des institutions gouvernementales et civiles ». Il affirme le droit de la Syrie à « défendre son territoire et son peuple par tous les moyens garantis par le droit international. »
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a « condamné » des frappes israéliennes et s’est dit « alarmé » par les affrontements meurtriers dans le sud du pays, a indiqué son porte-parole. Le secrétaire général « condamne les frappes d’escalade d’Israël sur Soueïda, Deraa et dans le centre de Damas, de même que le redéploiement rapporté des forces israéliennes dans le Golan », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric dans un bref communiqué.
Mouvements de populations druzes dans les deux sens
Ce mercredi toujours, des dizaines de Druzes ont traversé la frontière entre la Syrie et Israël dans les deux sens, depuis la zone de Hader, un village du sud de la Syrie occupé par Israël après la chute de Bachar el-Assad, dans des scènes souvent chaotiques sous les gaz lacrymogènes des forces israéliennes qui tentaient de s’interposer.
Le Premier ministre israélien a exhorté les Druzes israéliens à ne pas franchir la frontière avec la Syrie, après l’envoi par Damas de forces gouvernementales dans le sud du pays pour mettre fin à des affrontements impliquant la communauté druze. « Ne franchissez pas la frontière », a déclaré Benyamin Netanyahu dans un communiqué où il estime que la situation à Soueïda est « très grave ».

Avec RFI

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