La pollution des lagunes Tendo-Ehy et Aby a atteint un niveau préoccupant, menaçant l’équilibre des écosystèmes aquatiques et les moyens de subsistance des populations riveraines. Confronté à l’ampleur de la situation, l’État ivoirien a décidé d’accélérer sa réponse. Le 25 février 2026, en déplacement à Tiapoum, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a annoncé une série de décisions destinées à juguler durablement le phénomène.
Une réponse diplomatique et environnementale immédiate
La priorité du gouvernement est d’agir à la source. L’orpaillage clandestin, identifié comme principale cause de la contamination des eaux par des substances toxiques et du remblayage anarchique des plans d’eau, nécessite une action concertée au-delà des frontières nationales. À cet effet, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba a annoncé l’ouverture prochaine de discussions avec les autorités du Ghana. L’objectif est clair : coordonner les efforts pour freiner l’exploitation illégale transfrontalière qui alimente la pollution des lagunes. Selon lui, la maîtrise du phénomène en amont constitue la condition essentielle à toute opération de restauration efficace.
Parallèlement, le gouvernement prévoit d’engager un processus scientifique de dépollution. Dès que l’orpaillage clandestin sera contenu, des experts et chercheurs seront mobilisés pour évaluer l’ampleur des dégâts et proposer des solutions techniques adaptées à la réhabilitation progressive des plans d’eau affectés. Lors de son séjour à Tiapoum, le ministre a échangé avec les autorités administratives, coutumières et les populations locales. Il a notamment rencontré le roi de Tiapoum pour lui réaffirmer l’engagement ferme de l’État à apporter des réponses rapides et concrètes. Ce dialogue direct vise à rassurer les communautés impactées et à maintenir un climat de confiance autour des actions engagées.
Au-delà de l’urgence, le gouvernement mise sur une approche structurante à moyen terme. Conscient que l’orpaillage constitue pour de nombreux jeunes une source de revenus, l’exécutif entend proposer des alternatives et un meilleur encadrement de l’activité. En collaboration avec le ministère en charge de la Formation professionnelle, un programme spécifique sera déployé au profit des jeunes des localités concernées. Ces formations permettront d’introduire des pratiques respectueuses des normes environnementales et de réduire les impacts négatifs sur les écosystèmes lagunaires. Cette orientation traduit la volonté des autorités de concilier impératifs économiques et protection de l’environnement.
L’objectif est double : préserver durablement les lagunes Tendo-Ehy et Aby tout en sécurisant les moyens de subsistance des populations riveraines. La mission effectuée à Tiapoum marque ainsi le lancement opérationnel d’un plan d’action national contre la pollution des eaux liée à l’orpaillage illégal. Par cette démarche, le gouvernement affiche sa détermination à restaurer l’équilibre écologique des lagunes, protéger la biodiversité et garantir aux générations futures un environnement sain et viable.
Eric KOUAKOU