Réuni le jeudi 29 octobre dernier, le Comité exécutif de la Caf a approuvé à l’unanimité le retour au calendrier biennal de la Can. Une décision qui marque un spectaculaire changement de cap pour l’instance continentale. Pour justifier ce choix, Patrice Motsepe a notamment évoqué les difficultés à mettre en place une compétition alternative capable de générer des revenus comparables à ceux de la principale vitrine du football africain. Cette volte-face n’a pas convaincu Philippe Doucet. Sur le plateau de l’émission Les Grandes Bouches, le journaliste de Canal+ Sport Afrique a dénoncé une forme de « politique politicienne ».
Selon son analyse, le projet initial de Can tous les quatre ans répondait davantage aux intérêts de Gianni Infantino, président de la Fifa, qu’à ceux du football africain. L’objectif aurait notamment été de ménager les grands clubs européens, régulièrement confrontés à la libération de leurs internationaux africains pendant la saison, afin de favoriser leur adhésion à la nouvelle Coupe du monde des clubs.
Mais les critiques ne s’arrêtent pas à cette question de calendrier. Philippe Doucet estime que ce changement de position pourrait également servir de diversion face aux difficultés auxquelles Patrice Motsepe serait confronté. Il évoque notamment les incertitudes autour de l’organisation de la Can 2027, prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Les réserves exprimées par le président de la Fédération ougandaise de football, Moses Magogo Hassim, sur la capacité de son pays à tenir ses engagements auraient constitué un sérieux revers pour la Caf.
Alors que Motsepe continue d’afficher publiquement sa confiance dans le trio est-africain, des interrogations persistent sur l’état réel des préparatifs. Pour Philippe Doucet, le président de la Caf chercherait ainsi à consolider sa position, dans un contexte où sa succession à la tête de l’institution est déjà annoncée pour 2029. Le journaliste avance même que le dirigeant sud-africain craindrait une sortie humiliante, alors que son nom est évoqué dans les discussions sur l’avenir politique de l’Afrique du Sud. Une ambition que l’intéressé a toutefois démentie.
E.KOUAKOU