Un nouvel épisode qui ternit un peu plus l’image du Comité international olympique (CIO), déjà critiqué lors des Jeux de Jeux olympiques d’été de 2024 pour des médailles qui s’oxydaient prématurément. La scène a surpris tout le monde. L’Américaine Breezy Johnson, championne olympique de descente, a raconté en conférence de presse qu’en sautant de joie, sa médaille s’était tout simplement détachée.
« Ne saute pas avec ! Je sautais de joie et elle s’est cassée », a-t-elle lancé à l’Allemande Emma Aicher, en montrant aux caméras le cordon séparé du médaillon et la pièce métallique censée maintenir l’ensemble.
Même scénario pour le Français Mathis Desloges, vice-champion olympique du skiathlon. En pleine célébration avec l’équipe de France de ski de fond, sa médaille chute au sol. « Il y a un truc qui a volé », entend-on sur une vidéo diffusée par France TV Sport. « Ah bah là, elle est flinguée », lâche l’athlète, dépité. Il parviendra à la remettre en place, mais choisira de la ranger dans sa poche plutôt que de la porter autour du cou.
Les mêmes déboires ont été signalés par l’Américaine Alysa Liu, championne olympique de patinage artistique, et par l’Allemand Justus Strelow, médaillé de bronze en relais mixte. La délégation allemande de biathlon a officiellement interpellé le CIO sur la qualité des médailles. La polémique est d’autant plus forte que ces médailles sont les plus coûteuses jamais produites pour des Jeux olympiques d’hiver.
Depuis Paris 2024, le prix de l’or a augmenté d’environ 107 % et celui de l’argent de 200 %. Résultat : une médaille d’or avoisinerait les 2 000 euros, une médaille d’argent environ 1 200 euros. Un record historique. Mais ce prix élevé ne semble pas aller de pair avec la solidité attendue d’un objet censé traverser le temps. Une médaille olympique n’est pas un simple accessoire. C’est un symbole, parfois l’aboutissement d’une vie entière d’efforts. La voir se briser en pleine célébration envoie un signal désastreux.
Une image du CIO écornée
Après le scandale des médailles oxydées de Paris 2024, cette nouvelle controverse pose une question simple : comment le contrôle qualité a-t-il pu laisser passer de telles failles ?
Le Comité international olympique mise régulièrement sur l’excellence, l’innovation et le prestige pour défendre le modèle olympique. Or, ces incidents répétés donnent l’impression d’un décalage entre le discours et la réalité. Quand les médailles les plus chères de l’histoire se cassent en quelques heures, c’est plus qu’un problème technique. C’est un problème d’image. Les Jeux olympiques vendent du rêve. Encore faut-il que le symbole suprême de ce rêve, la médaille, tienne entre les mains de ceux qui l’ont méritée.
J.F.PAGNI