Elle intervient en effet dans un contexte marqué par un bilan préoccupant. Selon les données du gouvernement, depuis le 1er janvier 2026, 519 accidents ont été enregistrés sur les routes ivoiriennes, faisant 164 morts et 1 934 blessés, soit une moyenne de quatre décès par jour.
Représentant le ministre Amadou Koné, le directeur général des Transports terrestres et de la circulation, Oumar Sacko, a expliqué que la décision fait suite à ces statistiques jugées préoccupantes en ce début d’année. « Nous veillons à ce que les routes soient des cadres de vie et non des lieux où on y perd la vie », a-t-il déclaré. Selon lui, le renforcement des contrôles répond à une instruction du Conseil national de sécurité. L’opération spéciale, baptisée par la police « Épervier sur les routes, tolérance zéro », a démarré le 2 mars. La remise de matériel constitue, d’après le représentant du ministre, un premier appui destiné à soutenir les équipes sur le terrain.
Cinq radars et du matériel de contrôle
La dotation comprend cinq radars mobiles capables de mesurer la vitesse des véhicules. Chaque appareil est monté sur un trépied et équipé d’un système LED pour les captations nocturnes. Les batteries offrent une autonomie d’environ 72 heures. À cela s’ajoutent cinq caisses à outils, destinées à faciliter certaines interventions, notamment lors du retrait de plaques d’immatriculation. Deux cents cônes ont également été fournis pour sécuriser les postes de contrôle.
Le lot comprend en outre 200 terminaux numériques pour la vidéo-verbalisation et la vérification de l’authenticité des titres de transport, ainsi qu’un dispositif de type herse pour immobiliser les conducteurs refusant d’obtempérer. Des alcootests complètent l’ensemble pour détecter la conduite sous l’emprise d’alcool. « Ce qui est là ce matin est un échantillon », a précisé Oumar Sacko, indiquant que d’autres équipements sont attendus dans le courant de l’année.
Déjà des centaines de véhicules en fourrière
Présent à la cérémonie, l’inspecteur général de police Dosso Siaka, directeur général adjoint chargé de la sécurité publique, représentant le directeur général, a dressé un premier bilan de l’opération. Entre le 16 février et le 2 mars, 405 véhicules particuliers ont été mis en fourrière. Pour les engins à deux ou trois roues, 659 ont été immobilisés. Trente véhicules administratifs ont également été concernés.
Concernant les plaques non conformes ou fantaisistes, 4 674 cas ont été recensés. « Personne n’est au-dessus de la loi », a insisté le responsable policier. Avec ces nouveaux moyens, la police entend intensifier les contrôles sur l’ensemble du territoire, et pas uniquement à Abidjan. « Aucun usager ne va échapper. Tous seront passés au peigne fin », a affirmé Dosso Siaka.
Il a appelé les conducteurs à se mettre en règle et à faire preuve de prudence. « L’accident de la route, ce n’est pas une fatalité. Avec un peu d’attention, nous pouvons arrêter l’accident », a-t-il soutenu.
Le message des autorités est clair : la lutte contre l’insécurité routière passe par une application stricte du code de la route. Les contrôles vont se poursuivre et monter en intensité dans les prochaines semaines, sous la supervision de la hiérarchie policière et du ministère de tutelle.
E.KOUAKOU