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Dans un communiqué relayé par le journaliste Martyn Ziegler du Times, l’instance européenne rejette « à l’unanimité et sans équivoque » cette initiative, estimée à près de 11 400 milliards de francs Cfa (20 milliards de dollars). « Nous rejetons à l’unanimité et sans équivoque la proposition de la Fifa de transférer des droits de propriété relatifs à la Coupe du monde et aux autres compétitions de la Fifa à des investisseurs privés. »
Le communiqué poursuit en affirmant qu’aucune sélection nationale affiliée à l’Uefa ne prendra part aux compétitions organisées par la Fifa tant que cette proposition restera sur la table. « Certaines choses sont tout simplement trop importantes pour être vendues. La Coupe du monde de la Fifa appartient au football. Il en sera toujours ainsi. Et tant que l’Europe aura voix au chapitre, elle ne sera jamais à vendre. » Selon The Telegraph, ce boycott concernerait non seulement la Coupe du monde masculine de 2030, mais également la Coupe du monde féminine de 2029 ainsi que la Coupe du monde des clubs prévue la même année.
Face à la levée de boucliers, Gianni Infantino a tenté d’apaiser les tensions dans une vidéo publiée par la Fifa. Le président de l’instance mondiale a insisté sur le fait que le projet ne constituait pas une obligation, mais « une opportunité ». Il a également présenté cette initiative comme une offre s’inscrivant dans un « processus démocratique » et destinée à ouvrir une phase de consultation. Ces explications peinent toutefois à convaincre les opposants. Depuis l’annonce du projet, plusieurs confédérations continentales, des responsables politiques ainsi que des associations de clubs ont publiquement exprimé leur hostilité à une éventuelle privatisation des droits commerciaux des compétitions de la Fifa.
Même Sepp Blatter, ancien président de la Fifa pourtant condamné dans des affaires de corruption, s’est opposé à cette orientation. Interrogé par Reuters, le dirigeant suisse a estimé que « le football n’appartient à aucune individualité ou institution. Il appartient au peuple ». Selon lui, une telle évolution ferait perdre au football « son âme » en le transformant en une simple activité commerciale à but lucratif.
À contre-courant des nombreuses critiques, le président de la Fédération tchèque de football, David Trunda, a affiché son soutien au projet dans une interview accordée à Sky Sports. « Je perçois très clairement les bénéfices pragmatiques pour le football tchèque si nous travaillions en coopération étroite avec Gianni Infantino et ses équipes. Bien évidemment, nous avons besoin d’en savoir plus sur ce projet, mais mon point de vue personnel est que les intentions de la Fifa vont dans le bon sens », a-t-il déclaré.
Le dirigeant tchèque souligne notamment que les 20 millions de dollars (environ 11,4 milliards de francs Cfa) promis par la Fifa constitueraient une ressource financière importante pour développer le football amateur et moderniser les infrastructures sportives de son pays. Cette prise de position contraste avec celle de la majorité des fédérations, des clubs et des organisations du football qui continuent de dénoncer un projet susceptible de modifier durablement la gouvernance et le modèle économique des compétitions internationales.
Eric KOUAKOU