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Selon The Athletic, aucun message fort contre le racisme – ni vidéos, ni signalétiques, ni slogans explicites – ne sera diffusé durant la compétition. Pourtant, la Fifa avait préparé du matériel promotionnel pour porter ses habituels messages « No to racism » et « No to discrimination ». Finalement, l’instance a opté pour un slogan plus vague : « Le football unit le monde ».
Des sources proches de l’Association européenne des clubs (Eca), impliquée dans la commercialisation du tournoi, affirment ne pas avoir été consultées sur ces changements. Même silence du côté de la FifPro, syndicat mondial des joueurs professionnels. Ce recul de la Fifa choque les militants pour l’inclusion. Certains s’interrogent sur l’influence du climat politique américain. Interrogée sur un éventuel lien avec la suppression, par Donald Trump, des programmes Dei (Diversité, Équité, Inclusion), la Fifa s’est retranchée derrière sa prétendue neutralité politique, sans répondre clairement. Pour Evan Whitfield, président de la Human Rights Soccer Alliance, un collectif d’ex-joueurs, d’Ong et d’acteurs du foot amateur, la Fifa manque clairement de courage : « Le slogan actuel est creux. Il n’envoie aucun message fort à ceux qui découvrent ce sport. »
Whitfield redoute déjà que cette posture se répète lors de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Il appelle la Fifa à afficher des valeurs cohérentes, peu importe le pays hôte. Le contraste est frappant. Lors des dernières Coupes du monde – masculine en 2022, féminine en 2023 – les messages antiracistes étaient visibles et constants.
Cette fois, aux États-Unis, aucune annonce dans les stades, aucun rappel des protocoles antidiscrimination, et aucune mention du « geste antiraciste universel » lancé en 2024. Pour Piara Powar, militante de longue date contre les discriminations dans le foot, ce revirement est « plus qu’une honte ». Nick McGeehan, de l’ONG FairSquare, estime pour sa part qu’Infantino « s’aligne volontairement sur l’agenda politique de Trump ».
Le choix de la Fifa de se taire là où elle devrait hausser le ton passe mal. Et soulève une question centrale : à force de vouloir plaire à tout le monde, la Fifa ne trahit-elle pas ses propres principes ?
A.KONE